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05/08/2011

En guise de conclusion …

J’ai hésité longtemps avant de publier ce billet de cette aventure, par peur d’y mettre fin définitivement je crois. Combien de fois j’ai entrepris de ranger tous mon matériel empilé dans mon sous-sol avant de renoncer et de renifler le “parfum” du sentier de mon linge. Le tas est encore la…

Premier jour

Quelle belle fin! J’ai passé un beau 24 heures au sommet de Springer: super feu, dodo à la belle étoile et nourriture d’extra que je m’étais acheté pour l’occasion. Au matin, une légère pluie m’incite à me lever. J’hésite à quitter l’endroit. Tant de jours (172) auront été nécessaires pour l’atteindre. Je glande un moment au dernier lean-to, lieu si symbolique. Mais je dois bientot y aller, mon rendez-vous avec mon lift pour Atlanta (Survivor Dave) m’attend à la route toute proche. C’est donc en essayant de ne pas trop y penser que je quitte (en auto) la Trail.

Le reste de la journée est épouvantable. L’aéroport est probablement le pire des endroits au monde ou se retrouver après une telle expérience. De mes yeux maintenant habitués à voir le temps s’écouler tranquillement, je me désole de tant d’empressement, de bousculades, de stress, d’absence d’empathie. Ici personne ne s’en fait pour son voisin. C’est chacun pour soit, et tant mieux si l’autre devant tombe, qu’on puisse le dépasser.

Dans la Trail et les villages, j’étais le héros du jour: “Wow, regarde le courageux qui brave l’épouvantable hiver.” Lorsque j’ai passé 5 jours de repos forcé à Damascus, les gens m’arrêtaient dans la rue pour me parler. J’imagine que ça les impressionnait. Cette expérience s’est répétée très souvent par la suite. Quelque fois j’avais de la misère a marcher dans les villages tant les gens me parlaient. Même si ce n’était pas du tout ce que je cherchais, je réalise maintenant que je m’étais habitué à cet état de fait.

Ici (dans l’aéroport) la situation est toute autre. Les gens me voient comme un déchet humain. Bon, c’est vrai que j’en ait physiquement l’air… On est repassé dans le monde des apparences. Fini la reconnaissance facile. Comment ne pas réaliser qu’on est terriblement sensible au regard des autres?

Mes émotions jouent les montagnes russes, alternant rires venus de nulle part et larmes désespérées.

En relisant ces lignes, je me rends compte de ce qui s’est passé. Je pense que lorsqu’on est sur la trail on est ouvert à tout, incluant les autres. Mais en en dehors (et j’en fais partie) on est plutôt fermé. Je crois que c’est de là que vient le “clash” que j’ai vécu.

Première semaine

Comme c’est agréable d’être de retour chez-soi. Un lit moelleux à chaque soir, et le même en plus. Pas besoin de se demander où et comment on va dormir. Plus besoin d’envisager mourir, perdu dans la tempête de neige au sommet du Mont Rogers et sans aucun équipement d’hiver.

Quelle facilité avec la nourriture! Enfin, mon appétit de hiker (et seuls les thru-hikers peuvent savoir ce que c’est) est comblé. Tellement facile d’avoir à portée de bras autant de nourriture qu’on veut, et surtout, toute la variété inimaginable. Le rêve.

Mon corps se détend enfin. À force de porter les énormes charges requises par les conditions hivernales, de dormir quelques fois un peu n’importe comment (sur un matelas de sol qu’on doit regonfler 2-3 fois par nuit par exemple), de se pousser à bout pendant des semaines et des semaines d’affilées, on vient à être tendu de partout. À la fin, mes orteils ne pliaient presque plus, elles restaient alignées avec le reste du pied. Mais ça change rapidement. Mon corps comprend rapidement que c’est terminé et se détend. Ce n’est pas de refus.

Trois semaines

Marcher pendant six mois dans les montagnes, dans un air presque pur, a de beaux effets sur l’odorat. Il se développe de façon étonnante. On en vient à tout sentir, et de très loin. Étonnamment, on ne sent plus l’épouvante-hiker-qui-sue-depuis-une-semaine… Arrivé en ville, je ne sent plus qu’une chose: le Gaz. Mais quand je dis gaz je dis gaz. C’est difficile à croire, mais pour un nez vierge Montréal sent les hydrocarbures à plein nez. Je suis content (mais quand même inquiet) de commencer à voir cet odeur diminuer.

Deux mois

Je n’ai jamais vraiment réalisé que j’ai réellement marché tout ça. C’est tellement gros 6 mois de marche que c’est difficile a concevoir. Rapidement j’ai passé a autre chose. J’étais bien dans le bois, je suis bien dans mon appart. Mais depuis quelques nuits des vagues d’images me reviennent. Je m’endors a 4 heures du matin habité par tous ces souvenirs. J’ai l’impression de revivre chaque moment.

Quatre mois

Initialement, mon intérêt pour l’Appalachian Train est né un peu par hazard suite à de véhémentes descriptions de mon père, qui l’a lui-meme découvert en 1986. Depuis, son rëve est de marcher le AT au complet. Mais une telle aventure est pour le moins difficile à placer dans une vie. Donc, depuis 25 ans il en reve.

Aujourd’hui, il fait un premier pas dans cette direction. C’est tout fébrile (et envieux) que je le vois prendre l’autobus qui le mènera à l’extreme sud du Vermont. Demain il commence le thru-hike d’un magnifique sentier: le Long Trail. C’est, je l’espère, la première impulsion qui le mènera vers le AT un jour.

Je suis très heureux pour lui. Autant que si c’étais moi qui partais. Ça représente beaucoup une première longuemarche comme ça. Ça fait rêver…

Je ne peux m’empêcher de penser a lui a chaque jour. J’estime ou il est sans doute rendu, ce qu’il fait a cette heure du jour. J’attends avec impatience son appel. Évidemment, je vis a distance son trip mieux que n’importe qui d’autre.

Six mois

Ça fait déjà un peut plus de six mois que je suis revenu. Ce qui donne le vertige, c’est de constater combien il s’est passé de choses en six mois de trail et si peu en six mois de “vie normale”.

Conclusions

Il y a un an jour pour jour je partais pour l’inconnu, avec presque une infinité de temps devant moi. Rien d’organisé, tout a découvrir. La vraie liberté. Un des meilleurs sentiment qui soient.

Résumer en quelques mots une telle expérience est difficile. Je vais tenter le de faire en décrivant les différentes phases que j’ai vécu (et qui sont probablement assez communes).

  • Premières minutes. Vertige devant tout ce chemin a parcourir accompagné d’un immense sentiment de liberté.
  • Premieres semaines. Douleurs physiques intenses
  • Grande force physique. Bataille avec le mental
  • Routine et ennui
  • Grand défi physique et danger (hiver)
  • Fin qui arrive trop vite. Sentiment d’être dépassé

Je ne regrette rien. J’étais bien la-bas, je suis bien ici. Mais si l’occasion se présentait je repartirais sur le champ.

05/02/2011

Jour 172, Springer !!!, 3500 km

Vers la fin

Pour ne pas laisser durer éternellement le suspense, je serai bref pour les derniers jours avant la fin. Étant donnée toute la peine que je me suis donnée pendant la dernière semaine, je peux me la couler douce pendant les 2-3 derniers jours. C’est donc le plus lentement du monde que termine cette aventure. Il commence à y avoir de plus en plus de monde sur le sentier; je saisi toutes les rencontres pour parler aux gens. Sans être vantard, lorsque l’on me le demande ce que je fais ici tout le monde me félicite.

Les gens me demandent ce que ça me fait de finir. Je leur réponds sincèrement que je n’en sais rien parce que si c’est clair intellectuellement, je ne semble pas le réaliser émotionnellement. Mais je suis bien conscient que je dois faire un travail là-dessus, pour ne pas être trop déstabilisé en terminant.

La fin

Le dernier jour, j’ai ralenti considérablement mon pas. Sans neige, mon sac allégé suite à la derniere visite au bureau de poste, j’ai parcouru les dernier 12 km en une journee complète. Oui, j’ai vraimment marché llleeennnttttteeeemmmeeeeennntttt afin de bien réaliser ce qui se passait.

Le dernier kilometre a été particulièrement lent. Le Mont Springer est vraiment tout-à-fait quelconque! Mais j’ai alors vraiment réalisé ce qui était en train de se passer. Bizarrement, mon coeur s’est mit à battre la chamade. J’ai senti une grande oppression à l’intérieur de moi. Très étrange. Peut-être était-ce le passage d’un monde à un autre.

Springer

J’arrive enfin en vue d’une éclaircie. C’est certain que c’est là. La plaque y est, telle que j’ai pu la voir à de si nombreuses reprises sur les photos des hikers des années passées. C’est irréel. Alors je m’assois à coté de la dite plaque qui a demandé tant d’efforts. Et je ne sais pas quoi faire. Est-ce qu’il est supposé se passer quelque chose???

Alors ça vient… les cris de joie font surface. Je me surprends à hurler pendant longtemps. Rires alternant avec les larmes. Le monde ne semble plus réel; une autre dimension s’ouvre. Puis, considérant que je suis bel et bien “de l’autre côté”, un grand sentiment de relâchement s’installe en moi. La dernière fois que j’ai vécu ça, c’était juste après ma soutenance (réussie) de doctorat. Un grand moment de légèreté.

La transition

Pour passer dans l’autre monde plus facilement, je dois “faire le point”. Je passe donc 24 heures au sommet de la montagne. Il y a plein de place pour le camping ici et beaucoup de bois; la soirée sera longue et le feu bien vivant. Pour clore en beauté cette aventure, je fais ce que j’y ai préféré: je dors à la belle étoile. Sur la terre et sous les étoiles,  en équilibre entre les racines profondes et les cimes agitées par le vent, ma réelle place en ce monde.

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La suite des choses

Je dois l’avouer, au cours de ces dernières semaines j’ai réalisé à quel point j’ai envie, une fois arrivé au bout, de faire un 180 degrés et de repartir en sens inverse. Apres l’épisode extrêmement difficile des 5 tempêtes de neige de décembre-janvier, mon moral était très élevé. J’ai enfin trouvé pourquoi je marche, j’ai appris à gérer mes émotions, mes pensées, les situations imprévues, le mauvais temps, le froid, etc. J’aurais eu envie de repartir en sens inverse afin de mettre tout ça en pratique, de profitter encore du sentier sous cet éclairage nouveau et de retourner à la maison avec mes propres moyens. Mais j’ai un emploi qui m’attend, des amis/famille et surtout une amoureuse que j’ai fais attendre assez longtemps.

Même si je ne continue pas à marcher tout de suite, d’autres projets de marche germent doucement. D’abord, j’ai l’envie la plus folle de marcher le Continental Divide Trail, un sentier nord-sud qui représente la ligne de partage des eaux continentale. Un sentier plus long que le AT qui mêle désert, glaciers, mais surtout une grande dose d’aventure car il n’est pas encore terminé, laissant de grandes sections à la discretion du marcheur (cartes-bousoles essentielles!). Mais si la prochaine fois Noni veut/peut venir, nous irons faire la magnifique Pacific Crest Trail sur la crête ouest du continent. A plus long terme, je ferai de nouveau un thru-hike du AT en 2037. Pourquoi 2037? Pour fêter à la fois mon 60e anniversaire et le 100e anniversaire du AT. C’est un rendez-vous!

À venir

Pourquoi une section ‘à venir’ pour un projet qui est fini? Mais est-ce bien fini? Non pas du tout! L’aventure se transforme et continuera sous une autre forme. Mais pour ce qui est de ce blog, je me propose d’ajouter 2-3 billets dans le futur, histoire de voir ce qui advient d’une personne qui a passé un si long moment dans la forêt. Je me propose donc de réécrire dans 1 semaine, 1 mois et 6 mois.

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Mercis

Cette merveilleuse aventure n’aurait pas été aussi positive sans l’apport de nombreuses personnes. Je crois nécessaire de les remercier ici.

Je voudrais d’abord remercier toutes les personnes qui m’ont supporté moralement tout au long de ce périple. C’est probablement le plus important dans ce genre d’aventure où immanquablement des hauts et des bas surviennent. Merci donc à tout ceux qui ont commenté ce blog. Merci a Spaz, mon mentor, modèle de courage.

Plusieurs infinités de mercis à Noni qui m’a si bien supporté techniquement. Tu aura tenu avec brio le quartier général, postant à la demande des objets que j’avais empillés en prévision. Tu n’étais pas présente physiquement lors de cette aventure (ou si peu), mais tu faissais partie de l’esprit de chacun des 5 millions de pas du voyage.

De très nombreux mercis reviennent naturellement a toutes les personnes merveilleuses qui aident spontanément les hikers tout au long de la trail. Je pense au gens qui tiennent les hostels, qui donnent des lifts, qui donnent du trail magic, etc.

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25/01/2011

Jour 170, Neels Gap, 3450 km

Humeur du moment: une belle fin de sentier en beauté

Bon, je sais que la dernière fois je vous ai promis de publier sur Springer (la montagne finale), mais je n’ai pas pu m’empêcher d’en faire une autre petit.

La Georgie

Ça y est, je suis enfin en Georgie. C’est tout sauf objectif, mais c’est terriblement facile ici. Je pourrais facilement marcher le restant u sentier en une journée.

Il ne se passe pas une heure sans que je passe plusieurs beaux sites de camping. On a constamment envie de s’arrêter pour planter sa tente.

Une bonne lesson

Je me suis fais donné une bonne lesson l’autre jour en allant a la ville (Hiawassee). J’ai attendu pas moins de deux heures sur le bord de la route avant que quelqu’un veuille bien me prendre. Dans l’interval j’ai evidemment tout fait pour ne pas m’ennuyer, dont fait des étirements. Oui, tout le monde sais bien qu’il faut s’étirer, mais en pratique personne ne le fait dans le sentier par paresse, par fatigue.

Après une petite séance d’etirement, je me sentais comme neuf, comme si je n’avais pas marche de la journée. Mon corps, qui s’en allait de plus en plus vers la décadence depuis plusieurs jours, était soulagé.

Relaxe

Bon ça y est, j’ai suffisament pris d’avance au cours de la semaine qui vient de s’écouler (lire se défoncer) que je peux prendre ça relaxe pour le reste. Le 1% restant sera meublé de feux de camp, d’une montagne de nourriture, de matins sans réveil-matin, de pauses fréquentes. Bref, ça sera cool.

À venir
Springer (promit cette fois)

22/01/2011

Jour 168, Hiawassee (Georgie!!!), 3391 km

Humeur du moment: quelle fin de sentier de merde! :(
Pire moment de la journée: ha non, il faut vraimment attendre 2 heures avant de manger une autre barre ?
Meilleur moment de la journée: yé, ça fait 2 heures, je peux manger ma barre.

Reveil brutal

Juste au sortir des Smokies c’est un réveil traumatisant a la réalité. Le problème, c’est que j’ai deja acheté mon billet d’avion. Je m’étais donné pas mal de “lousse” pour pouvoir jouir une dernière fois du sentier, pour pouvoir ralentie pendant la dernière semaine. Mais on a tellement été lentement (maudite neige) que maintenant il faut aller super vite. Il me faut parcourir au moins 30 km par jour pour y arriver. Avec la neige, c’es énorme!

Pour compliquer les choses, le ravitaillement n’est vraimment pas terrible dans ce coin-ci. Et c’est encore plus. Difficile quand on doit enfiller les kilomètres. Sous-alimenté, je dois me dépasser chaque jour un peu plus. Le pire dans tout ça, c’est que s’il y arrive le moindre pépin (délai en ville, une autre tempête de neige, etc.), je suis fichu et j’aurais fait tous ces efforts pour rien, je manque l’avion. Vraimment, cette fin de sentier est aux antipodes de ce a quoi je revais.

Ce n’est pas si pire

Bon, ce n’est pas si pire finalement. La neige est de plus en plus basse (genre 10 cm max.), le temps “chaud” est de retour. J’ai meme renvoye mes raquettes a la maison. Et puis il y a les NOBOs.

Et oui! J’ai vu les premiers NOBOs de l’annee! :) Ils sont partis en decembre et font ~8 km par jours. Ils etaient tres impressionnes quand je leurs ai dis que je devais en faire 30+ pour finir a temps. Nous ne sommes pas dans la meme condition physique… Ils etaient aussi tres impressionnes de la quantite de neige pour la 3ieme journee consecutive (10 cm)… Enfin, ca se passe de commentaire. Mais ils avaient l’air tres bien prepares.

Il parrait qu’il y a deja ~15 NOBOs qui ont commences cette annee. Mais les deux que j’ai vu sont les seuls qui sont restes en piste. Tous les autres ont abandonne, a cause de la neige. C’est incroyable, aujourd’hui il fait 5C en Georgie et tout le monde se plain du “froid”. Heee. On me conte meme avec terreur la “tempete de neige” qui s’en vient, soit 1-2 cm de neige… :) C’est veritablement un autre monde!

Le mieux, c’est que je me suis tellement tue pendant les derniers jours (j’ai presque battu mon record de distance… avec un sac supra-lourd), que je peux “relaxer” un peu pour la fin de la trail.

Je repars sur le sentier avec une quantite impressionnante de bouffe. J’ai litteralement remplace le poids de mes raquettes par de la nourriture. Mais j’ai tellement eu faim dernierement que j’ai bien l’intention de me bourrer la fraise pour les prochains jours. Bienvenus les veritables legumes et fruits frais; en avant la cuisine!

À venir
Springer !!!

20/01/2011

Jour 163, Fontana Dam (North Carol.), 3238 km

Humeur du moment: Yé! mes muscles-raquettes sont super develloppées :)
Pire moment de la journée: ha non, c’es déjà le matin! Faut-il vraimment se lever?
Meilleur moment de la journée: matin ou soir, lorsque je m’offre un repas gargantuesque

La route

Nous avons été forcés de rester une journée entière a Gatlinburg. D’abord parce qu’il y avait une super tempête de neige qui faisait rage, mais aussi parce qu’impossible de rejoindre le sentier.

Le lendemain on q vite compris que si on attendait l’ouverture de la route on risquait d’attendre longtemps (au moins une semaine). Nous avons donc du nous organiser tous seuls, c’est-a-dire retourner au sentier par nous même.

Nous avons donc marché les 25 km de route menant au AT. TRÈS PLATTE, mais au moins c’était super facile même ai ça montait constamment. Disons que j’ai eu la chance d’essayer mes nouveaux soulliers. Et je crois qu’ils sont un peu trop grands… De belles ampoules en perspective.

Acrobaties a raquettes

Avec la neige qui ne semble pas vouloir cesser de s’accumuler, des branches et des arbres se mettent a tomber en travers du sentier. Nous avons de plus en plus de difficulté a trouver un chemin bien dégagé. Comme on marche depuis un bon moment a raquettes, on est bien obligé “d’affronter” tout ça avec elles. On se retrouve donc quelques fois dans des situations caucasses comme escalader un tronc puis tomber la tête la première dans la neige, les raquettes bien prises dans les branches.

La neige nous cache aussi beaucoup de choses. Ces obstacles imprevus n’attendent que notre passage pour nous projeter par terre. Souvent on se retouve a “nager” dans la neige, les pieds tordus par des raquettes coincées et le dos bien cloué au sol pas un sac trop lourd. On s’ammuse bien dans le bois. :)

Je crois que ma cascade préférée a raquette est la fois ou, marchant a flan de montagne, mon pied n’a pas trouvé appuis. Il s’en est suivi une courte période où mon equilibre hesitait. Puis, voyant qu’elle n’alait pas en s’ameliorant, et voyant que je me dirigeait la tête la première vers une belle pente toute pleine d’arbustes, j’ai trouve mon salut dans un arbre. J’ai sauté et attrapé une branche. Acroché ainsi dans un arbre, j’ai évité la “catasrophe”. Ledis arbre m’a même félicité en me déchargeant son contenu de neige sur la tete. J’ai bien fais rire mes compagnons. :)

Oat Man, les Speed Deamons et le Team Snowbo

Depuis que j’ai decidé de reduire considérablement mon apport en sucre, je me sens beaucoup mieux pendant la journée. Je n’ai plus de “crash” d’energie. J’ai commencé a me préparer des “lunchs” pour le midi (plat cuisinés). Pratique, délicieux et facile. Mais mon alimentation comporte maintenant une immence proportion d’avoine. C’est ce que j’ai trouvé de mieux point de vue nutritif/accesible/facile/pas cher. J’en mange tellement que les autres ont commencé a m’appeler “Oat Man”. Mais je tiens a mon BluRay.

Jumper! et Itchi Feet sont tellement rapides que nous les nommons maintenant les Speed Deamons. Nous allons finir en même temps, mais ils ont commencé près d’un mois après moi. Ils ont du marcher constamment a pleine vitesses tout au long du AT. Je ne les envie pas trop.

Enfin, puisque nous voyageons depuis un bon moment ensemble, nous avons eu l’idée de nous donner un nom de groupe. Nous sommes le “Team Snowbo” (snow + sobo).

Les Smokies !

Le repos forcé a la ville a été très bénéfique. D’abord, nous avons laissé la tempête derrière nous. Je ne vois vraimment pas comment nous aurions pu marcher dans de telles conditions.

A notre retour dans les Smokies, le temps était radieux. Le lendemain nous avons fait Clingman Dome, le plus haut sommet de tout le AT. Quelle vie extraordinaire: tous ces arbres chargés de neige/glace, ces reliefs montagneux audacieux, ces montagnes a perte de vue. Nous avons eu les Smokies a nous tous seuls. Quelle chance! Quelle beauté!

Avec le beau temps, le temps froid suivait. Par -20C c’était vraimment idéal pour marcher en sous-vetement + coquille gore-tex. L’effort fournit par la marche (la neige était encore très haute) suffisait a nous réchauffer.

Je me suis forcé pour faire quelques photos, mais c’était vraimment difficile. Du genre, du sommet de Clingsmqn Dome j’ai eu le temps de prendre 2 photos avant de me rendre compte que je ne sentait plus ma main. La suite a été douloureuse…

Les autres hikers

Note: le paragraphe suivant a été écrit avant certains événements que vous saurez bientôt. Il y a eu un immence changement depuis, mais ce qui est écrit ici reflète ce que je voulais a l’époque.

J’ai laissé les iautres hikers partir en avant. Tout ce qu’ils ont en tête maintenant, c’est de terminer au plus vite. C’était bien de marcher avec eux dans la neige, car en équipe nous nous en sommes bien mieux sorti. Mais je veux finir le sentier en beauté.

Je veux vivre chaque journée, chaque pas, chaque respiration qu’il me reste avant la fin. pour moi, Me concentrer sur l’objectif, en allant le plus vite possible, tue l’esprit de la marche. Car j’ai enfin trouvé pourquoi je marche. Je marche pour être, tout simplement. Voilà, j’ai enfin (il n’était pas trop tot) pourquoi je marche.

Lorsque je marche pour atteindre un objectif le plus rapidement possible, je ne suis plus en train d’être, mais je vis plutôt dans l’idée d’un evenement a être. A quoi bon sacrifier les 10-15 jours qu’ils me restent pour une joie de 2 minutes devant une plaque de métal sur un sommet quelconque (Springer)? Chaque moment compte, mais le plus important c’est maintenant.

À venir
Un changement brutal de la situation. A voir dans 2 jours.

11/01/2011

Jour 158, Gatlingburg (Tenn.), 3175 km

Conversations nocturnes

Pour ceux qui ne le savent pas, j’ai des tendances somnambules: je parle, je hurle, je marche la nuit. Mes compagnons de marche sont habitués. Mais ce qui est le plus drôle, c’est que Sissi a exactement le même “problème” que moi. Alors quelques fois l’un commence a hurler, entrainant l’autre. Et tous se réveillent dans le Shelter en se demandant bien ce qui se passe. On peut même jaser ensemble tout en dormant, l’un en français-anglais et l’autre en anglais. Malheureusement, Jumper! et Itchi Feet n’ont pas réussi a comprendre ces propos nocturnes. J’imagine la conversation complètement ridicule que ça du être.

Mon karma…

Ce matin, en quittant le dernier hostel avant les Smokies, deux bolides a 4 pattes me depasent sur la route. Bon! Encore! Je sais très bien ce qui est en train de se produire. Aussi bien briser la situation tout de suite, mais les chiens courent bien plus vite que moi et ils sont déjà loin.

Les chiens nous suivrons 2 jours et deux nuits. Nous nous inquiétons beaucoup de leur survie car il fait vraimment froid. Mais le matin du troisième jour nous les renvoyons dans la bonne direction grace a des weekend warriors qui passaient par la. Ca faisait près de deux mois que je n’en avais pas vu. Merci les gars.

Aux dernières nouvelles, les chiens sont sains et saufs.

Et de 5!

Nous entrons dans les Smokies. Les prévisions météo sont superbes: soleil, quelques flocons et marche sur le sol. Nous montons, nous montons et nous montons encore. Le premier jour, nous le terminons sous quelques flocons. Mais pendant la nuit ça s’intensifie. Il neige ensuite pendant pret de 24h. Tu parle d’une bonne temperature; c’est le super blizzard/tempete de neige. Nous sommes sur la section la plus haute du AT. Les vues sont certainememt superbes… derriere les nuages de neige. Et oui, nous affrontons la cinquieme tempete de neige.

Les conditions sony difficiles, tres difficiles, mais nous avons l’experience maintenant, et nous nous entre aidons. Neanmoins, le traversée des Smokies sera plus longue que prévu. Nous pensions les faire en 5 jours. Au bout de trois jours éprouvants, nous ne sommes pas rendu bien loin.

La nourriture s’epuise. Il sera imposible de couvrir toute cette distance avec ce qui nous reste. Moi et Sissi décidons d’aller a la ville pour ravitaillement. Les autres avaient plus de nourriture, et puis je leur donne toit ce qu’il me reste en partant pour la ville.

Ce n’est pas un gros sacrifice ce que je fais (donner ma nourriture aux autres). Ainsi, ils pourrons rester sur la trail et tapper le sentier pour moi… Hehehe :)

Changements de plans

Arrivés a New Found Gap (la ou nous avions prevu de sortirpour faire du pouce), nous avons droit a une certainememt surprise. La route est completement enneigée. Moment d’hesitation. Les deux autres (Jumper! et Itchi Feet) voient bien bien que nous hésitons. Nous trouvons un bâtiment ou, contre toute attente, les portes sont ouvertes. Nous avons la chance de pouvoir nous abriter dans les toilettes des femmes. C’est supra-humide, mais au moins il ne nous neine pas dessus et ca semble minimalement chaufé. Après plusieurs téléphones, nous obtenons que le Ranger du parc nous “secoure”.

Quelle chance que le Ranger vienne! Nous aurions eu a marcher 25 km sur une route enneigée pour atteindre la ville. On envoit donc deux charrues, question de déneiger la voie, pour que la vagonette du Ranger noue rejoingne. Une fois sorti du parc, la route est de nouveau fermée. Quelle chance qu’on ait fait tout ça pour nous.

En ville

Nous sommes présentement a Gatlinburg entre deux tempêtes de neige. Nous sommes tous ensemble (4), car les autres n’imaginaient même pas continuer a deux. Tout le monde est nécessite pour pouvoir tapper a tour de rôle le sentier.

Nous hésitons beaucoup sur la suite des choses. Le plus simple reste de retourner sur le AT la ou nous l’avons laissée. Mais la route est fermée et on annonce encore plus de neige. Alors certains evoquent la possibilitée de faire un “flip-flop” (découper le sentier a notre manière), c’est-a-dire aller marier plus loin le temps que les choses s’arrangent ici. A suivre….

À venir
Pourquoi je marche

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Edit: pour plus de photos, vous pouvez aller voir le blogs de mes copains:

http://tntseavey.blogspot.com/

05/01/2011

Jour 152, Hot Springs (North Carolina), 3062 km

Humeur du moment: Apprecier le sentier au maximum car il n’en reste pas long
Pire moment de la journée: Passer la nuit a regonfler mon matelas de sol…
Meilleur moment de la journée: Dormir a la belle etoile

Sur la neige

Aujourd’hui nous decidons de dormir entre deux lean-to. Les distances entre les differents refuges ne sont pas très convenables a une marche hivernale. En fin de journée nous plantons donc nos tentes dans un total “no where”. La belle surprise que j’ai alors cette nuit-la, c’est de me rendre compte que mon matelas de sol est percé. Par chance je réussi a trouver le trop et le boucher temporairement avec du bon vieux duck tape. Le matelas gonflé, j’ai juste assez de temps pour m’endormir avant de constater plus tard que ça n’a pas fonctionné. Une belle nuit inconfortable sur un sol sauvage. Quelles contorsions j’ai du faire pour me convaincre que c’était confortable.

Cette nuit-la, j’ai compris a quel point le matelas servait aussi à isoler. Je peux l’affirmer, dormir directement sur la neige, ce n’est pas la meilleure façon d’avoir chaud…

Le matelas a plat, impossible de savoir si j’étais encore dessus. De fait, au matin je comprends pourquoi mes pieds semblaient plus froids que le reste: ils reposaient directement sur la neige. Heureusement, ce soir nous sommes en ville et je pourrais secher tout ça facilement. Vive les buandries.

Avec les jours qui passent, je bouche de plus en plus de trous dans mon matelas (j’en suis a 10-15…). Je peux donc dormir de plus en plus longtemps avant de me reveiller courbature. Il reste probablement encore un trou, mais tres petit (et donc difficile a trouver).

Acalmie

Contre toute attente, il fait chaud (10C) et il pleut aujourd’hui. Après un mois de difficultés comme je n’en ai jamais vécu, la donne change radicalement. On se retrouve a marcher diectement sur le sol. L’allure d’été est de retour. Comme il est grisant de voir defiler le paysage avec si peu d’effort ! Malgre la pluie, tout le monde est content aujourd’hui.

Toujours plus lourd…

Ce matin, c’es avec surprise que je constate combien mon sac est devenu lourd. Évidemment, avec le temps froid de plus en plus de choses se sont accumulées sur mon dos. En tout et partout (bottes, sac a dos, appareil photo, 4 jours de nourriture, etc), ça fait 60 livres… Wow, l’équivalent de deux lourds sac a dos d’été. Je n’en croyais pas mes yeux. Incroyable comment on peut s’adapter.

Hot Springs

Ca y est, nous sommes a Hot Springs. En “ville” il y a des sources d’eau chaude naturelle. Ca serait vraimment cool pour tous ces muscles qui travaillent fort. Mais je ne pense pas y aller, car le deal est pour deux personnes, en bain prive, vetements optionnels… Dommage que Noni soit si loin! :)

Ca fait 4 jours que nous marchons sur la terre. La neige semble comme un mauvais souvenir. Nous pensons qu’il est bien ridicule de transporter ces raquettes pour rien. Mais apres avoir tant peine sans, jamais je ne penserai m’en debarasser.

À venir

Nous sommes a la porte des Smokies Mountains (dans deux jours). Si ca continue comme ca, nous pourrons les passer en 4-5 jours. Mais ca depend enormement de la neige… En attendant, je tente de trouver un moyen de transport pour le retour.