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06/12/2010 | Catégorie: Journal |

Jour 120, Partie 2

Note: La chronologie des evements rapportes dans ce blog n’est pas strictement respectee. Etant donne que je rapporte mes aventures par sujets, quelques fois je relie deux evenements separes de quelques jours. D’autres fois, je rapporte des choses qui se sont produites avant la publication du billet precedent. Cette gymnastique est, je pense, necessaire pour rendre le recit intelligible. Sinon, on se predrait dans un dédale de details inutiles.

Les autres hikers

La derniere fois je decrivais comment beaucoup beaucoup de gens quittaient le sentier. Juste comme j’arrive en ville j’ai de nouveau de mauvaises nouvelles. A la buandrie – endroit de rencontre des hikers par excellence – Black Birch, que je n’avais plus vu depuis deux semaines, mais qui me suivait une journee en derriere depuis tout ce temps, quitte le sentier. Lui et Horizon n’ont plus d’argent. Non! Pas eux! :(

Ce qui est arrive est vraimment stupide. Avec le froid des derniers jours, tout gelle. Black Birch a alors croque dans une barre Snikers, le symbole meme du hiking, et il s’y est casse une dent. Il faut evidemment reparer ca. Et les maigres 300$ qu’ils avaient pour terminer le sentier s’envolent donc d’un coup.

Le plus paradoxal dans tout ca, c’est que c’est le meme Black Birch qui disait tout le temps qu’un thru hike pouvait se terminer comme ca, en une seconde. J’imagine qu’ils etaient prets a cette eventualite. Mais ca me fend le coeur de les voir ainsi quitter le sentier. Je passe la soiree et la matinee suivante avec eux. En les quittant aujourd’hui j’avais le coeur gros et la larme a l’oeil de les laisser ainsi. Ca ete tres dur de retourner, seul, sur le sentier, sachant tres bien qu’ils mourraient d’envie d’en faire autant.

Ils m’ont refille un sacre paquet de nourriture. Je n’ai meme pas eu besoin d’aller a l’epicerie cette fois-la. En fait, j’ai probablement de la nourriture pour un mois (sans blague!), repartie dans plusieurs boites dans des bureaux de poste. Ca c’est tres cool. Mais j’aurais prefere les avoir eux..

C’est pour ça que je n’ai pas pu écrire mon billet la dernière fois. Je voulais être pleinement avec eux en cette journée.

Pluie

Un matin il pleut, ca n’arrive pas souvent ces temps-ci mais ca arrive, evidemment. Comme nous sommes un beau groupe dans le shelter (4 thru-hikers et un section-hiker), tout le monde s’entraine a la paresse et la nonchalence. Lever a 8-9 h, c’est la grasse matinee pour tout le monde. On mange et on retourne dans le sommeil. La vraie vie de pacha quoi! On part finalement vers 11h pour une micro-journee de 20 km. Mais dans cette temperature, personne ne souhaite en faire beaucoup plus.

J’en profitte pour repriser mon sac-a-dos qui presente de plus en plus de signes d’usure, certains etants la depuis le Maine. Autant rendre le temps productif. Je reparre ainsi 4-5 trous genants.

Ces “maudits” chiens perdus

Ca semble etre un phenomene trop courant sur le AT. D’abord ca a commence au New Jersey. Un chien, qui suivait precedemment d’autres section-hikers s’est mit a me suivre. Non, pas un chien perdu qui me prend pour son sauveur. Et il l’a fait pendant un long moment, jusqu’a ce que je rencontre d’autres personnes qui m’ont promit de s’en occuper. Puis j’ai vu un autre chien perdu au sommet d’une des plus hautes montagnes de la Virginie. Mais celui-la ne voulait se faire approcher par personne.

Aujourd’hui, ce n’est pas un, mais deux chiens perdus que je rencontre. Le premier vient a moi, amical. Je fais l’erreur de m’en occuper un peu. Puis je realise mon erreur. Il se met a me suivre. Je retroune sur le sentier et il n’en demord pas. Fache, je retourne a la route, esperant trouver de l’aide pour ce chien. Je ne fais qu’en “ramasser” un de plus.

Super, moi qui n’a meme pas de quoi me nourrir convenablement/suffisamment pour le prochains jours, j’ai maintenant deux chiens affames sur les bras. Car oui, ils ont VRAIMMENT faim. Je construis un feu pour pouvoir pouvoir cuisiner. Sinon, ils auraient constamment le nez dedans. Je pense qu’il vaudrait mieux je pas les nourir, mais ils sont tellement insistants. D’un autre cote, j’ai a peine de quoi me nourir pour me rendre au prochain vilage. Je décide de leur donner un peu de parmesan en poudre. C’est la bataille ! OK, ils ont vraimment faim. Pour manger, j’ai du – pendant les 24 heures ou je les eux a ma charge – le faire debout et de preference sur un rocher. Sinon, impossible!

Je j’aimais pas ces chiens, ou plutôt je n’aimais surtout pas les problèmes qu’ils me causaient. Mais lorsque le Ranger est finalement arrivé et qu’on a fait la ‘passassion de la responsabilité’, le chien mâle a su subtilement mettre la patte sur un fil de mon cœur qui trainait par la. A mesure que je me prépare il s’agite de plus en plus. Il sait! Je lui fais un gros calin avant de partir. Je vois bien, du coin de l’oeil, qu’il ne me quitte pas des yeux lorsque je traverse la rue. Puis je tourne le coin et entre dans la forêt. Alors le jappements commencent et ne s’arrêtent plus. Mon cœur s’effiloche tant que je l’entends, c’est-a-dire longtemps. Je ne pensais pas que ça se passerait comme ça. Je rêvais du moment ou je pourrait ‘enfin me débarasser d’eux’. Non. Ils m’ont bien eu. On dit que c’est le chien qui choisi son maître; de toute évidence ce chien m’avait choisi…

En Virginie

Encore la Virginie. Pas etonnant, car cet etat est tellement long. Mais pour moi il reprensente le debut d’une nouvelle etape. D’abord, les “etats du milieu”, qui sont les moins interessants a mon avis, sont derriere moi. Enfin les belle montagnes sont de retour. Franchement, depuis le debut de disais que le Maine etait, et l’ombre d’un doute, mon etat prefere. Mais maintenant je pense que c’est la Virginie.

Tres souvent, je me suis demande la signification de ces paroles du Crusher: “Tche-tchow Tennessee, hello Virginie !”. Est-ce qu’il voulait dire “Tchou-Tchou” comme le bruit d’un train? Parce que moi je l’interprete comme ca. En Virginie la pente du sentier est tellement progressif qu’un train pourrait sans probleme y passer. Franchement, des fois s’en est un peu ridicule. Un trajet qui ferait 5 km dans le Maine (pour qui plus ça monte direct au sommet, et si possible en passant par le plus d’escalade possible, mieux c’est) fait probablement 8 km ici en Virginie. On doit bienfaire 28 lacets pour monter la moindre montagne, souvent on voit 3-4 lacets plus loin tellement la pente est douce.

A venir

Oui, ce long billet se prolonge dans une troisieme partie dans quelques jours… :)

5 comments to Jour 120, Partie 2

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