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09/12/2010 | Catégorie: Journal |

Jour 120, Partie 3

Fin de l’automne

Depuis pres de deux mois que je suis dedans, l’automne s’en va tranquillement. En fait, j’ai l’impression de la suivre un peu dans mon voyage vers le sud. Mais depuis une semaine tout s’est termine brusquement. Plus aucune feuille dans les arbres, plus rien pour faire ecran au soleil – malgre les temperatures de plus en plus basses, un chapeau avec visiere est devenu indispensable – et plus rien pour bloquer les vues. C’est la fin du “tunnel vert” qu’est le AT.

Je suis en Virginie et enfin j’apprecie de nouveau le sentier. Meme si tout est “mort”, si plus aucune plante ne vit ici, j’apprecie l’endroit. Je me sens comme dans une grande cathedrale, sans toit pour me permettre de voir le ciel, sans mur pour me permettre de voir le beau relier (enfin!), et de magnifiques colonnes (les arbres) parfois debout, parfois couches et souvent magnifiquement scultés. Un bel endroit,i si on regarde bien.

L’hiver

Un jour je marche ‘tard’, c’est-a-dire après la tombée de la nuit (17h15, pour atteindre le lean-to après avoir passé du bon temps a faire un peu d’escalade sur les Dents du Dragon. La lune n’est pas encore levée et je prends plaisir a marcher dans la quasi obscurite, devinant plus le sentier que le voyant vraiment. Soudain, j’arrive dans une clairière aux hautes herbes, et je suis subjugué par la beauté du ciel étoilé en ce lieu. Tant pis pour le lean-to, c’est ici que je dors.

J’installe ma bache, question de sécurité, mais c’est évidemment a la belle étoile que je veux dormir. La température chute rapidement. Ce sera une autre nuit fraiche. Mais elle bute vraimment, jusqu’à -10C. Wow, jusqu’a mntenant l’automne s’eternisait mais la l’hiver cogne a la porte.

C’est cool, a cette temperature il n’y aura pas cette satannee rosée sur mon sac de couchage. Faux. A la place de la rosée il y a un givre qui se forme partout… Sauf en dessous de la bâche. C’est comme si ça venait d’en haut. Mais, la face inférieure de la bâche est aussi givrée. J’aimerais comprendre.

Deux jours plus tard, la temperature tombe a nouveau, -7C. Mais cette fois-ci c’est pendant le jour. Oui, l’hiver est bel et bien arrivé. Et il frappe fort! J’étais habitué a vivre dans un frigo, je devrais apprendre a vivre dans un congélateur !

D’un jour a l’autre TOUT change. Je marche dans la neige maintenant, ce qui change la navigation. Ça reste encore correct, mais je pense bien que d’ici peu ce sera différent. D’autant plus qu’ils (les meteorogues) semblent annoncer toujours plus de neige. A terme, je devrais me fier aux ‘blazes’ blanc (!) e aux cartes que je me suis procure, en prévision.

Subitement, mon sac d’hydratation devient obsolète. Impossibble d’empecher le gel dans le petit toyau de plastique. Comme solution j’ai pensé a ce que j’ai appellé la “méthode kangourou”. C’est simple, pendant la marche je met le matériel “sensible” contre mon ventre, bien au chaud. Ainsi l’eau ne gelle pas.

La nuit, comme tout a tendence a geler, c’est tout un attirail qui dors avec moi dans mon sac de couchage : piles, eau, soulliers. Oui, même le soulliers! Car si pendant le jour ils se mouillent, le matin suivant ils sont durs comme de la roche. Le premiers matin ou je les ait trouve ainsi (ça m’a fait bien rire d’ailleurs) j’ai du utiliser la méthode kangourou pendant un bon moment avant de pouvoir partir.

Le plus drôle dans tout ça, c’est que je suis loin d’être bien équipe pour ces températures. Mais j’ai le moral et quelques trucs. Le gros de mon matériel d’hiver m’attend a Damascus… dans 250 km! :) J’interdis formellement a quiconque de s’inquiéter: je vais m’en sortir, et de belle humeur a part de ça. C’est une expérience extraordinaire que d’être ainsi depouillé de ce qu’on considèrerais comme essentiel.

Pensée du jour

Tout ce que j’ai perdu, objets, personnes, illusions, m’a offert la chance d’atteindre une nouvelle liberté.

À venir
Damascus ~10 jours

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Merci

Merci a tous ceux que j’ai croisés lors de cette aventure. Vous avez tous, d’une manière ou d’une autre, contribué a me faire voir une même réalité : l’existence n’a de sens que si on a les autres pour interagir. Comme a fini par le remarquer un gars seul dans son autobus en Alaska, a quoi ça sert de voir toutes les beautés du monde si on ne peut pas les partager ?

2 comments to Jour 120, Partie 3

  • Le givre qui se colle à l’intérieur de ta bâche est le résultat de l’humidité créée par ton corps, surtout par l’expiration mais aussi un peu par transpiration.

    Dans une tente d’hiver par temps très froid, ce givre se colle aux parois interne de la tente. Lorsque celle-ci atteint un haut niveau d’humidité, c’est l’équipement qui devient humide.

    Qui dit humide en hiver dit danger, hypothermie. Alors assure toi d’avoir un habitat bien ventilé pour prévenir le pire. Il est plutôt difficile de se réchauffer l’hiver quand tout ton linge et ton sleeping bag sont mouillés.

    Il y a néanmoins quelques trucs pour sécher tes vêtements en hiver, sans feu. C’est par la chaleur de ton corps. Par exemple, si tu dors avec tes chaussettes humide, l’humidité de celles-ci va s’évaporer (lentement) dans ton sleeping bag. Tu peux faire la même chose avec ton t-shirt, tes bobettes, etc.. Le problème à long terme c’est que ton sleeping bag va devenir plutôt humide. Les matériaux synthétiques vont te garder au chaud même s’ils sont humide. Ce qui est faux avec le duvet.

    Le même principe est valable si tu as quelques couches de linge sur toi. Tu peux facilement faire sécher tes mitaines le soir en les mettant près de ton corps, entre les couches de ligne.

    Heureusement le AT est à proximité des routes et des villes. Alors disons que t’es “safe” peu importe la situation.

    Bonne continuation!

    Simon.

  • Caroline

    Chris vient de s’installer dans le bus “magique” au milieu de nulle part en Alaska. Il grave sur une planche ce qui suit.]

    Chris : 2 ans à parcourir le globe. Sans téléphone, sans compagnie, sans animaux, sans cigarettes. La liberté suprême. Un extrémiste. Un voyageur esthète dont le seul domicile est la route. [...] Et maintenant, après 2 années chaotiques, c’est le moment de l’aventure ultime la plus extraordinaire, le combat capital pour tuer l’être factice terré au plus profond et mener à son terme la révolution spirituelle. Pour ne plus se laisser contaminé la civilisation, il fuit, et il marche seul pour revenir à l’état sauvage.

    - Alexander Supertramp May 1992

    C’est lui le gars dans l’autobus cher Colin!

    Je t’aime Noni

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