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05/02/2011 | Catégorie: Journal |

Jour 172, Springer !!!, 3500 km

Vers la fin

Pour ne pas laisser durer éternellement le suspense, je serai bref pour les derniers jours avant la fin. Étant donnée toute la peine que je me suis donnée pendant la dernière semaine, je peux me la couler douce pendant les 2-3 derniers jours. C’est donc le plus lentement du monde que termine cette aventure. Il commence à y avoir de plus en plus de monde sur le sentier; je saisi toutes les rencontres pour parler aux gens. Sans être vantard, lorsque l’on me le demande ce que je fais ici tout le monde me félicite.

Les gens me demandent ce que ça me fait de finir. Je leur réponds sincèrement que je n’en sais rien parce que si c’est clair intellectuellement, je ne semble pas le réaliser émotionnellement. Mais je suis bien conscient que je dois faire un travail là-dessus, pour ne pas être trop déstabilisé en terminant.

La fin

Le dernier jour, j’ai ralenti considérablement mon pas. Sans neige, mon sac allégé suite à la derniere visite au bureau de poste, j’ai parcouru les dernier 12 km en une journee complète. Oui, j’ai vraimment marché llleeennnttttteeeemmmeeeeennntttt afin de bien réaliser ce qui se passait.

Le dernier kilometre a été particulièrement lent. Le Mont Springer est vraiment tout-à-fait quelconque! Mais j’ai alors vraiment réalisé ce qui était en train de se passer. Bizarrement, mon coeur s’est mit à battre la chamade. J’ai senti une grande oppression à l’intérieur de moi. Très étrange. Peut-être était-ce le passage d’un monde à un autre.

Springer

J’arrive enfin en vue d’une éclaircie. C’est certain que c’est là. La plaque y est, telle que j’ai pu la voir à de si nombreuses reprises sur les photos des hikers des années passées. C’est irréel. Alors je m’assois à coté de la dite plaque qui a demandé tant d’efforts. Et je ne sais pas quoi faire. Est-ce qu’il est supposé se passer quelque chose???

Alors ça vient… les cris de joie font surface. Je me surprends à hurler pendant longtemps. Rires alternant avec les larmes. Le monde ne semble plus réel; une autre dimension s’ouvre. Puis, considérant que je suis bel et bien “de l’autre côté”, un grand sentiment de relâchement s’installe en moi. La dernière fois que j’ai vécu ça, c’était juste après ma soutenance (réussie) de doctorat. Un grand moment de légèreté.

La transition

Pour passer dans l’autre monde plus facilement, je dois “faire le point”. Je passe donc 24 heures au sommet de la montagne. Il y a plein de place pour le camping ici et beaucoup de bois; la soirée sera longue et le feu bien vivant. Pour clore en beauté cette aventure, je fais ce que j’y ai préféré: je dors à la belle étoile. Sur la terre et sous les étoiles,  en équilibre entre les racines profondes et les cimes agitées par le vent, ma réelle place en ce monde.

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La suite des choses

Je dois l’avouer, au cours de ces dernières semaines j’ai réalisé à quel point j’ai envie, une fois arrivé au bout, de faire un 180 degrés et de repartir en sens inverse. Apres l’épisode extrêmement difficile des 5 tempêtes de neige de décembre-janvier, mon moral était très élevé. J’ai enfin trouvé pourquoi je marche, j’ai appris à gérer mes émotions, mes pensées, les situations imprévues, le mauvais temps, le froid, etc. J’aurais eu envie de repartir en sens inverse afin de mettre tout ça en pratique, de profitter encore du sentier sous cet éclairage nouveau et de retourner à la maison avec mes propres moyens. Mais j’ai un emploi qui m’attend, des amis/famille et surtout une amoureuse que j’ai fais attendre assez longtemps.

Même si je ne continue pas à marcher tout de suite, d’autres projets de marche germent doucement. D’abord, j’ai l’envie la plus folle de marcher le Continental Divide Trail, un sentier nord-sud qui représente la ligne de partage des eaux continentale. Un sentier plus long que le AT qui mêle désert, glaciers, mais surtout une grande dose d’aventure car il n’est pas encore terminé, laissant de grandes sections à la discretion du marcheur (cartes-bousoles essentielles!). Mais si la prochaine fois Noni veut/peut venir, nous irons faire la magnifique Pacific Crest Trail sur la crête ouest du continent. A plus long terme, je ferai de nouveau un thru-hike du AT en 2037. Pourquoi 2037? Pour fêter à la fois mon 60e anniversaire et le 100e anniversaire du AT. C’est un rendez-vous!

À venir

Pourquoi une section ‘à venir’ pour un projet qui est fini? Mais est-ce bien fini? Non pas du tout! L’aventure se transforme et continuera sous une autre forme. Mais pour ce qui est de ce blog, je me propose d’ajouter 2-3 billets dans le futur, histoire de voir ce qui advient d’une personne qui a passé un si long moment dans la forêt. Je me propose donc de réécrire dans 1 semaine, 1 mois et 6 mois.

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Mercis

Cette merveilleuse aventure n’aurait pas été aussi positive sans l’apport de nombreuses personnes. Je crois nécessaire de les remercier ici.

Je voudrais d’abord remercier toutes les personnes qui m’ont supporté moralement tout au long de ce périple. C’est probablement le plus important dans ce genre d’aventure où immanquablement des hauts et des bas surviennent. Merci donc à tout ceux qui ont commenté ce blog. Merci a Spaz, mon mentor, modèle de courage.

Plusieurs infinités de mercis à Noni qui m’a si bien supporté techniquement. Tu aura tenu avec brio le quartier général, postant à la demande des objets que j’avais empillés en prévision. Tu n’étais pas présente physiquement lors de cette aventure (ou si peu), mais tu faissais partie de l’esprit de chacun des 5 millions de pas du voyage.

De très nombreux mercis reviennent naturellement a toutes les personnes merveilleuses qui aident spontanément les hikers tout au long de la trail. Je pense au gens qui tiennent les hostels, qui donnent des lifts, qui donnent du trail magic, etc.

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4 comments to Jour 172, Springer !!!, 3500 km

  • BRAVO! RE BRAVO ET RE RE BRAVO!

    Je reste pendu aux lignes de ton blog. Presque nostalgique déjà.

    Sim.

  • Simon

    Toutes mes félicitations !

    Merci d’avoir partagé cette aventure que j’ai eu le plaisir de lire semaine après semaine.

    Bravo !

  • Caroline Boisvert

    Salut Colin, Simon a tout-a-fait raison, je vais m’ennuyé de venir lire tes aventures ici. Bravo, Tu as réussi, je n’en doutais pas une seconde.
    Caro xx

  • Sébast

    Bravo Colin,

    Jamais je n’ai douté que tu réussirais ton périple et, en lisant ce billet, j’éprouve pour toi une très grande fierté. Jamais je ne te féliciterai assez, BRAVO COLIN ! Le party que tu t’es offert au sommet du mont Springer devait être tout un événement et j’espère que tu en as profité au maximum.

    Encore Bravo mon chum…

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