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View Appalachian Trail in a larger map
03/12/2010

Jour 120, Pearisburg (Virg.), 2496 km

Bon, j’ai beauucoup de chose a raconter, mais si peu de temps pour ecrire. Voici quelques phrases pour l’instant. Je vous promet un bon billet dans quelques jours…

Les autres hikers

J’ai de plus en plus de nouvelles indirectes des autre hikers. Abol, avec sont telephone cellulaire, nous tiens informés. Ce qu’on apprend, c’est qu’il y a une épidémie d’abandons chez les hikers. La pluspart des gens sont tout simplemet tannés. D’ailleurs, même Abol se demande s’il veut rester. Ces derniers jours, il a fait de plus en plus de blue-blaze par la route. Des jours il jure qu’il atteindra Springer alors que d’autres il parle d’arrêter. A Waynesboro on campe ensemble sur le terrain du YMCA et je passe plusieurs heures a l’écouter. Mais il ne trouve aucune réponse aux questions que je lui pose.

Le lendemain, j’arrive au lean-to a 15h après un maigre 8 km. Trop tard pour continuer mais trop tôt pour arrêter. Je fais un super feu. Belle soirée de discussion et a se remémorer des souvenirs de la trail. J’espère qu’avec ça il sera remit ‘dans le droit chemin’.

Le lendemain je pars en avant, même pas sur de le revoir jamais. Mais je ne peux pas toujours m’occuper des autres. Même après cette petite journée, je ne revois plus. Un autre hiker m’informe qu’il a abandonné la ou je l’ai laissé. Dommage. Beaucoup d’autres encore ont abandonné, dont Scamper.

Le moral

Il y a quelque temps, j’indiquais que je commençais a en avoir marre du sentier, ou du moins, que je m’ennuyais beaucoup. Et bien il semble que cette phase soit terminée, au moins pour l’instant. J’en avais parlé avec Spaz et il m’a donne quelques conseils: faire des feux, prendre des notes, etc.

Pou les feux, c’est devenu possible. J’ai décide d’arrêter de faire des 40+ km par jour et de me limiter a +/- 30 km/j. Ça fait une énorme différence: le soir quand j’arrive j’ai encore l’énergie de vivre un peu (et de faire des feux). Ça fait une différence monstre.

Ensuite, j’ai commence a prendre des notes sur mes “conditions d’existence” et mon niveau d’appreciation. J’en suis encore a mes debuts, mais a terme ça permettrait de savoir vraimment ce qui me rend la vie de hiking aggreable.

La forme

En parallèle avec le moral, la forme a reprit du poil de la bête. Voici ce que j’ai changé: dodo plus long (10-11h par nuit), ‘power naps’ durant la journée (2-3 par jour), je repars de chaque village avec un beau gros 2L de jus d’oranges.

La respiration

Ca fesait quelques fois que j’ecoutais des Podcasts sur des techniques de respiration. Je me suis finalement decidé et j’ai essaye. Je dois avouer que ça a pris plusieurs essais avant de vraimment avoir un resultat. En effet, les techniques que j’ai entendu supposent presque toute un état de repos, le plus souvent les yeux fermes. Ce n’est pas vraimment mon cas: de défile a toute allure et ai besoin d’attention a tout moment pour ne pas tomber/me blesser. Mais, en allant a l’essentiel e avec de la pratique, j’ai fini pa obtenir quelque chose. Et quel quelque chose! J’ai l’impression de voler sur la trail! En me concentrant sur l’expiration, j’evacue toutes les merdes mentales qui m’empêchent d’avancer correctement/apprécier le moment. Ce n’est pas fuir la réalité. Au contraire, j’ai l’impression de n’y avoir jamais autant été. Et je suis disponible pour apprécier la marche et tout ce qu’il a autour. J’ai même pratiquement cesse d’utiliser mon iPod (qui commençait a être une vraie béquille).

A suivre

Restez a l’ecoute, je vous promet un super billet dans quelques jours.

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nouveau multimédia disponible: La suite d’une discussion téléphonique avec Simon:États d’âme 3 dec 2010

25/11/2010

Jour 105, Waynesboro (Virg.), 2132 km

En Virginie

Voila, je suis en Virginie, l’état le plus long de la trail: 550 miles soit le quart du AT. Afin de bien rappeler a mes jambes que je suis toujours sur un sentier de montagne. J’entame le redoute “Roller Coster”: une section ou on monte-redressent constamment une dizaines de fois (voire plus) en autant de kilomètres. Au début de cette section, il y a même un écriteau qui indique quelque chose du genre: “Salut nous sommes … et prenons soin de cette section. Nous vous attendons au prochain hostel… si vous survivez au Roller Coster.” Bon, c’est vrai que ça monte et descend constamment mais j’étais prêt psychologiquement. Et puis, après avoir marche 2000 km il n’y a rien qui nous arrête.

Front Royal

Ça y est, le mode hivernal est actif, pas pour la température, mais bien pour la gestion des colis dans les bureaux de poste. J’ai 5 colis qui courent de bureau de poste en bureau de poste. L’ennui, c’est qu’ils ne sont pas tous ensembles. Je dois donc constamment aller les gérer en ville. Mon plan, c’est de regrouper tout ça en un même endroit.

Je m’arrange donc pour finir ma journée juste avant la route menant a ma prochaine destination, Front Royal. Mon plan est d’arriver la tôt le lendemain, de faire le plein de nourriture et de rapidement retourner sur le sentier.

Il n’y a aucun “spot” de camping a cet endroit. Je suis donc contraint de dormir directement sur le sentier. Oui, les 30 cm de large du sentier constituent le seul endroit relativement correct pour passer une nuit a l’horizontale de façon relativement confortable. Je m’installe donc la. De toute façon, il n’y a pas tellement de circulation piétonne sur le sentier la nuit, normalement.

Pendant la nuit, je constate qu’il y a une quantité anormalement élevée de rosée sur ma couette (et partout d’ailleurs). Je l’essuie en espérant que ça suffise a limiter les dégâts (le duvet n’aime pas trop être mouille). Mais c’est peine perdue, la rosée revient constamment en force. Peut importe de toute façon parce que je suis en ville demain et qu’une buanderie n’est jamais loin.

Au matin, la rosée s’est transformée en glace. Oui, la surface de ma couette est toute blanche de frima. Ce matin, il fait un beau -5C.

A Front Royal, je me rend rapidement compte que ça n’ira pas avec la poste aujourd’hui. C’est le jour du souvenir! A force d’être coupe du monde, je ne pensais même pas a ça. Bref, pas de poste aujourd’hui et je dois attendre demain. Bon, moi qui a pris deux zéros de suite il n’y a pas une semaine, voila qu’un autre m’attend. C’est un peu frustrant car j’ai travaille fort pour être ici de bonne heure et faire les choses rapidement. Mais je ne peux rien y faire. J’en profite pour faire un peu de tourisme. J’ai eu droit a une super parade militaire, avec musique et tout. Assez cool.

Je dors en ville. L’arrière des postes de pompiers semble vraiment propice au camping sauvage/incognito. Le lendemain matin, le même phénomène de glace se produit sur ma couette. Mais cette fois, c’est a -8C que je me réveille. Surprise, je n’ai même pas froid.

Parc de Shenandoah

Voila, j’entre dans le parc de Shenandoah, un parc linéaire longeant les montagnes bleues (je pense). Enfin, après une bonne période ou ce qu’on appelle “montagnes” étaient un peu des parodies de montagnes, tout autour je vois grandir des vraies montagnes. Enfin!

Mon moral est très bon. J’imagine que c’est le résultat de mes 3 zéros, de la visite de mes proches et le retour d’un peu de défi dans le sentier.

Les gens ont eu la bonne idée de faire passer une route sur toute la longueur du parc. Le Skyline Driveway suit un corridor très similaire au AT. Résultat, la route croise 28 fois la trail sur une distance de 100 miles. Ce qui est bien, c’est qu’a tout les kilomètres environ il y a quelque chose de nouveau ce qui fait qu’on a l’impression qu’on avance plus vite (petits objectifs).

Les autre hikers

J’ai finalement rencontre Black Birch et Horizon. On se suit/précède depuis le début du sentier. Mais le mieux, c’est qu’on marche ensemble pendant 3 jours. Abol se join a nous. Nous sommes donc 4 thru hikers a partager nos journées. Autant j’aime ma solitude, autant ces trois jours m’ont paru comme des vacances! Ça change complètement l’expérience de la marche. On jase, on partage la nourriture, on blague. J’ai l’impression de flotter sur le sentier. Bon, je ne ferais rien pour poursuivre a tout prix ce compagnonnage, mais tant qu’il est la je l’apprécie énormément.

Pensée du jour

“on doit être le changement que l’on veut voir dans le monde.”
Gandhi

20/11/2010

Jour 93, Harpers Ferry (WV), 1874 km

En passant, desole pour le manque d’accents. Ici tout est en anglais…

Maryland

Quelques mots sur le Maryland. Cet etat est super facile apres tous les autres que j’ai fais. Le sol est facile, sans obstacle, et les montees sont petites et graduelles. Le manque d’eau caracteristique de la Pennsylvanie est moins present ici. Ici on semble avoir tout prevu. On voit tres souvent des lean-to doubles. Oui, deux abris cote a cote. Leur usage est meme identifie: “ronfleurs” et “non ronfleurs”. C’est bien mais je n’en profitte pas vraimment etant donne la solitude que je vis dans le sentier. Juste avant d’arriver a Harpers Ferry je dors dans un lean-to “bien rempli” (nous etions 5) ce qui met fin a 14 jours de dodos tout seul.

Harpers Ferry

Apres le milieu officiel du AT, Harpers Ferry est le milieu psychologique. J’en profitte pour prendre un bon conge bien merite (ca fesait plus de 50 jours que je marchais sans arret). J’arrive le vendredi PM et j’attends ma famille et… Noni ! Nous passons toute la fin de semaine en ville. Quel repos de ne plus “devoir” se lever a 6h tous les matins. Mais l’habitude est la, et j’ai de la misere a depasser 8h. Tant pis pour le repos tant attendu.

Harpers Ferry est l’endroit ideal pour prendre un repos avec ses proches. C’est super-hyper touristique ici. Beaucoup d’evenements lies a la guerre civile etat-unienne se sont passes ici.

Pour l’hiver

Mon rechaud a l’alcool fonctionne de moins en moins. Le froid relenti considerablement son evaporation ce qui le rend difficile a allumer. J’ai donc trouve un super rechaud au naptha pratiquement indestructible et pas trop lourd (optimus svea). Le plus cool dans celui-ci c’est qu’il n’a pas besoin de pompage. En passant, le magasin de plein-air de Harpers Ferry est super cool pour les thru hikers. Sans le demander, il fait des rabais de 10-15%.

Les autres hikers

Bien qu’il n’y a souvent pas grand chose a dire, je reviens sur les autres thru hikers sur le sentier. Dans un de mes derniers billets, je mentionnais qu’il n’y en avait pratiquement pas (du moins que je n’en avais aucun signe). Et bien j’ai eu quelques nouvelles qui m’ont surpris. D’abord, comme je vais legerement plus vite que la moyenne, j’ai commencer a en depasser quelque uns. J’ai vu que j’en suivais un certain nombre, de relativement pres, depuis longtemps. Puis, une bete de course m’a depassee furieusement. Sage tente de terminer le AT SOBO avant noel (ou au moins en 2010). Le but, terminer le Triple Crown en 18 mois. Elle est parti de Kathadin le 14 septembre. Alors que j’arrive a la mi-sentier en ~90 jours, elle l’a fait en ~50 jours. C’est vraimment impressionnant. Bon, je ne vois aucunement l’interet d’une telle vitesse, mais a chacun son style. Sage m’a appri qu’il y a encore environ 20 SOBO derriere moi. Ca m’etonne beaucoup.

À venir

La Virginie, soit le quart de la longueur du AT

14/11/2010

(Enfin) la moitié

Et du fond des bois surgit un long cri satisfait

Depuis tous ces jours que le l’attendais, que je poussais fort pour enfin être ici. Elle s’approche enfin! Je l’accueille avec de longs cris joyeux. J’en fais périodiquement, a chaque étape importante, mais maintenant c’est un gros morceau qui arrive. Je suis ENFIN rendu au milieu du AT !!!!!!

Voilà, je viens d’atteindre le point central du AT. Je suis très content d’être ici. Mais en même temps je me rends compte que je suis seulement ici. Je l’avoue franchement, je suis fatigué de marcher. Je n’ai aucune souffrance en marchant, mais je ressent une grande fatigue, un manque d’énergie.

Je ne marche pas qu’avec mes jambes mais aussi ma tête. Elle aussi elle est fatiguée. Au plutôt, elle est comme lasse. C’est magnifique de marcher le AT. C’est vraimment le plus beau cadeau que je pouvais me faire. Mais depuis une semaine ou deux je commence a me lasser de mes journées. Il faut bien l’avouer, toutes mes journées se ressemblent. J’ai beau voir des paysages magnifiques tous les jours, sentir la foret comme jamais auparavant, avoir tout le temps pour penser a ce que je veux, il n’en demeure pas moins que je commence a m’ennuyer. On s’habitue a tout j’imagine.

Je m’attendais bien a ce que ça arrive un jour (fatigue et ennui). Maintenant je dois apprendre a composer avec ça pour pouvoir atteindre un autre étape (dont j’ignore la nature).

Pour l’instant, je me propose de regarder uns a uns les objectifs que je m’étais fixés et de voir ou je vais a partir de maintenant.

Objectifs au départ

Mes objectifs initiaux étaient les suivants. Je suis très content parce que je les ai tous atteint sauf un. Autant dire que la marche est telle que je l’esperais.

J’ai renoncé a documenter photographiquemnt le sentier. D’abord, ma lentille zoom est cassée. Je n’ai plus qu’une focale (grand angle). Mais le pour principal, c’est que je voyage exclusivement seul (en 14 jours, je n’ai dormi avec d’autres hikers qu’une seule fois). Or ce qui m’interesse, c’est la vie des hikers. Il n’y en a pas (avec moi). Mais peu importe, je prends plaisir a saisir quelques beautés de la nature.

-Profiter du calme de la nature pour “faire le vide”, écouter le passage du temps

-Diminuer le bruit mental

-Interagir de façon satisfaisante avec des être humains

-Observer la nature

-Documenter la vie sur l’AT par la photographie

-Assumer l’aventure, laisser beaucoup de place à l’imprévu

-Marcher l’entièreté du sentier sans raccourcis

-Pousser mes limites physiques, mentales et émotionnelles

-Respecter intelligemment mes limites

-Connaitre la solitude sur une longue période

Nouveaux objectifs

-Simplement continuer sur cette lancée

-Prendre conscience que – malgré mon ennui fréquent et mon désir constant d’en avoir fini avec la journée pour aller me coucher – je suis en train de vivre l’expérience la plus constructive de ma vie, que je l’ai attendue de tres nombreuses années et que la difficulté est l’ingredient essentiel a ma progression.

Le défi du demi gallon

Une autre tradition complètement stupide des thru hikers. Il est de tradition, lorsque les thru hikers passent le milieu du sentier, de souligner l’événement par un défi. Il s’agit de manger un demi gallon (pres de 2 litres) de crème glacée.

Pour le fun, je décide de relever le défi. Habituellement les hikers font ça en groupe, et naturellement au dessus de ce défi déjà conséquent se greffe une course entre eux. Je n’ai aucune prétention de vitesse. Je m’installe devant mon énorme bloc gellé et evalue mes chances. Et ce ne sont pas les maigres 5 C qui me font peur. Alors je commence lentement pour lui laisser le temps de fonde un peu. Ça va bien, j’enfile une cuiller après l’autre tout en composant mon blog. Mais la progression n’est pas si rapide que je me l’imaginais. C’est bon ‘beurre et pacanes’, mais peut-être n’était-ce pas le choix idéal pour une telle quantité. Ça tombe un peu sur le cœur. Je continue, mais le rythme decroit. Bon, ça va aller car j’ai toujours faim de toute façon. Mais d’un autre cote ça commence a être vraimment lourd. Maintenant j’ai bien conscience de me forcer pour continuer. Est-ce vraimment nécessaire de manger tout ça? Je sens que si je continue jamais plus je ne pourrais manger de crème glacée. Bon, j’abandonne! Il me resterais encore 1 litre. J’aurais combatu jusqu’au bout, mais j’ai été vaincu.

Malgré la défaite, ma ‘petite’ portion n’aura tout de même apporté une quantité impressionnante de calories (près de 2000 !), 200% de mon apport quotidien de gras saturés, etc. ‘Curieusement’, je me mange plus pendant un long moment après ça. Et j’ai l’esprit un peu confu, comme si mes idées n’arrivaient pas a trouver d’assises solides.

En avant pour la suite

Comme un avertissement, la première nuit après le millieu a été tres froide. Un beau -5 C qu’il faisait ce matin. Mon eau est complètement gelée et je dois attendre un bon moment pour pouvoir boire.

Oui, la seconde moitié de la trail sera plus difficile que la première. Mais je suis près; j’ai pu apprendre beaucoup jusqu’à maintenant et mon matériel d’hiver arrive progressivement. Je vais me servir du super système de de poste d’ici pour faire ‘rebondir’ mes paquets jusqu’à ce que j’en ai besoin.

Avec le froid ,la purification de l’eau devient problématique. Les réactions chimiques sont ralenties dans le froid et pour être cetain de l’eau je dois maintenant attendre des heures et des heures avant de pouvoir boire l’eau de façon relativement sécuritaire. Il me faut autre chose. Je crois que je vais me procurrer un SteriPen – sorte de crayon emetant des UV – pour stériliser mon eau en 90 secondes. Oui, le froid apporte toutes sortes de défis auquels je ne m’attendais pas.

À venir

Enfin un repos a Harpers Ferry

08/11/2010

Jour 88, partie 2

La Pennsylvanie

Ça y est, je suis en Pennsylvanie! L’état tant redouté par les Nobo. Combien de Nobo j’ai entendu “se plaindre” de toutes ces roches. Ma première règle, lorsque j’entends de choses comme ça, c’est d’attendre de voir de mes propres yeux. Un Nobo, un Sobo, un randonneur d’un jour ne voient pas du tout les choses de la même manière. J’ai vite compris que lorsque l’on decrit le sentier on inclut en grande partie nos impressions subjecives. Alors j’attends toujours de voir pas moi-même.

Il faut bien l’avouer, c’est bel et bien vrai qu’il y a beaucoup de roches en Pennsylvanie. Ça ne dure pas très longtemps – quelques jours, une semaine tout au plus – mais c’est vraiment intense. Il ne s’agit pas de belles pierres plates ou encore de grosses pierres arrondies. Non, il s’agit de pierres pointues tassées les unes sur les autres. Impossible de mettre le pied par terre. Mais alors, il faut constamment passer d’une pointe a l’autre. Ça fait énormément travailler l’attention et les chevilles. Par chance, c’est plat. Une chance !

En Pennsylvanie on ne monte pas de montagnes, mais plutôt des “anti-montagnes”. Le AT longe constamment de très très longues crêtes plates (comme au New Jersey mais plus long encore). Les seules dénivellations sont lorsque le sentier redessend a la route pour remonter de l’autre cote. C’est tellement plat que je me disais “youpi, aujourd’hui je vais faire un bon 25 miles faciles”. Non, c’est plutôt 20 miles que je faisais, et avec beaucoup de peine !!

C’est bien beau les crêtes, mais ça cause un gros problème: l’eau. Les ruiseeuax ne se trouvent pas au dessus des montagnes. Il faut donc constamment sortir du sentier et marcher jusqu’à 1 km pour espérer trouver de l’eau. Parfois il n’y en a pas. Souvent, on se trouve a litteralement redescendre la montagne au complet. Quand il y a de l’eau, des fois il faut vraiment être patient. Une fois, j’ai du attendre 20 minutes pour remplir mon 2 litres (c’est pas des blagues). Des fois il faut marcher 20 km (voire plus) avant de trouver de l’eau a nouveau. Autant dire que quand on en trouve

Une montagne assasinnée

Un beau matin, je marchais tranquilement comme d’habitude. Alors la forêt s’est mise a changer progressivement. Au début, c’était presque imperceptible étant donnée la chute des feuilles. Mais il etait clair que de plus en plus d’arbres étaient morts. Puis le sentier tourne, il évite la crête que je suivais depuis des jours et des jours. Alors je me suis demandé ce qu’il pouvait bien y avoir plus loin, là où le sentier ne va pas. Un tas de pierres au sommet m’a permit de voir: la mort de la forêt se poursuit su des kilomètres.

À certains endroits, tout ce qu’il reste de la foret de jadis, c’est quelques troncs gisants sur un lit de pierres. Même le sol, la terre, est parti. Les arbres morts, l’erosion a pu se faire librement. Tout ce qui pousse ici, quand il pousse quelque chose, c’est de l’herbe. Tout le reste est mort.

Le paysage est vraiment digne de ‘La route’ de Cormac McCarthy. Dans le cas présent, le grand malheur vient d’usines de zinc dans Palmerton, la ville voisine. Les fumées ont contaminé tout le dessus de la montagne. Des travaux sont en cours sur un des sentiers ici, mais les travailleurs doivent imperativent se laver les mains en sortant. Il y a des ecritaux un peu partout, interdisant l’accès. Je crois même avoir lu quelque part que l’eau des ruisseaux était toxique.

Mais les choses changent. Un résident m’a dit qu’il y a dix ans c’était bien pire que ça. Avant il n’y avait vraimment rien la-haut, pas même les rares arbustes qui tente timidement un retour. Les roches étaient completement noires de pollution. Lentement, la nature reprend sa place.

Curieusement, a cote de ce triste paysage, un papillon vole a mes cotés. Nous faisons route commune pendant plusieurs dizaines de secondes. Le Monarque sait ou il s’en va. Je ne savais pas qu’un papilon pouvait planner. La vie n’a pas dit son dernier mot. Espérons que cet adulte aura plus de chance que toutes ces chenilles mortes que je vois par terre.

Boiling Springs

Voilà, je suis a Boiling Springs, petite ville bien ordinaire, mais qui possède un bel attout. Le sentier longe un superbe etan surpeuplé de canard, oies et cygnes bien nourris. Les dépanneurs du coin semblent spécialisés en vente de grains de maīs, pour la volaile.

Malgré l’immence population d’oiseaux (c’est vraiment impressionnant), l’eau est d’une limpidité deconcertante. Lorsque j’y passe tout est calme, les gens nourrissent calmement, les enfants jouent dans l’herbe, on brave la fraicheur en pic-niquant. La lumiere, dorée par la fin du jour danse avec les feuilles rougies. Tout ce beau tableau se reflète merveilleusement bien sur la surface de l’eau. Un beau moment. Un peu plus loin, un renard me montre le chemin en se s’enfuyant le long du sentier.

À venir

Le milieux du AT

31/10/2010

Jour 88, Boiling Springs (Penn.), 1715 km

Enfin des vrais ours !
C’est vraiment trop drôle. A peine je viens de terminer mon précédent billet a propos de l’absence d’ours que j’en vois un. C’était tard dans la journée. J’arrivais au lean-go entre chien et loup. A vrai dire, le chien était presque parti complètement : on y voyait pratiquement plus. Et j’ai vu ce qui m’a semblé un gros chien noir. Il se prennait non-chalamament autour du lean-to. J’ai tappé dans mes mains pour le saisir. Alors il m’a regardé, et j’ai tout de suite compris que je m’étais mepris. Il a tout de suite compris qu’il se sauvait aussi vite qu’il l’a pu. Un peu plus loin il s’est retourné. Il a vu ma lampe frontale et j’ai vu ses yeux. Puis il est parti.

Cette nuit-la je voulais dormir incognito des gens du lean-to. J’ai quand même pris soin d’aller porter ma nourriture dans la boite blindée anti-ours. On dit que dans le New Jersey il y a 5 ours au mile carré. J’ai pu voir qu’il y en a beaucoup.

Le lendemain soir j’arrivais vers mon campement (totalement improvisé) quand j’en vois un autre, juste avant la tombée de la nuit. Puis, le surlendemain je suivais un marcheur a environs 200 mètres derrière. Il en a vu un. J’accoure pour le voir mais trop tard. Les ours semblent avoir beaucoup plus peur dénoua que nous d’eux.

Le New Jersey

Alors me voici dans le New Jersey. C’est le retour au calme autour du sentier. J’ai a nouveau l’impression d’être en nature. Le sentier est très facile: collines et sol très regulier. Le AT suit de très longues ‘crêtes’, des montagnes excessivement allongées, comme de longues rides paralleles.

Comment faire de la vitesse

Comme je le disais la dernière fois, j’ai décide de faire un peu de vitesse. Mais je n’y ai pas réussi tout de suite. Loin de la. Mon physique est correct, mais vers la fin de la journée je commençais a en avoir vraimment assez de marcher. Je m’ennuyais. J’ai donc essaye plusieurs stratégies.

Ce que j’ai trouve de plus efficace jusqu’à maintenant, c’est d’alterner des periodes de silence avec des périodes de iPod. Le iPod est maintenant devenu un instrument de marche au même niveau que mes soulliers. Mais je dois alterner la musique avec le silence. Sinon, ma tête se tanne de l’un ou l’autre. Le matin je commence dans le silence et continue tant que je peux. Ensuite l’alternance commence.

En plus de l’occupation mentale, j’ai trouve que faire des pauses a intervalles régulier (90-120 minutes) est optimal. Ma journée est donc bâtie a partir d’un enchainement de petites étapes. Point important, je mange a chaque arrêt. L’idée c’est de ne jamais avoir faim sans pour autant se faire exploser l’estomac.

En suivant cette techinque des alternances, j’ai pu (presque) doubler ma distance quotidienne sans grand problème. Mais avec les journées qui racourcissent constamment, chaque jour commence et se termine dans le noir. A chaque extrémité du jour, je marche a la lampe frontale.

Encore d’autres hikers

J’ai vu d’autres hikers dernièrement. La plupart sont des ‘flip-floper’ (glossaire) qui terminent en Pensilvannie. Mais ils ne resterons pas longtemps; c’est la fin du sentier pour eux. Il y a eu beaucoup de flip-flop cette année étant donnée la chaleur. Il faisait très chaud et ils ont eu la bonne idée d’aller marcher la ou il fait moins chaud pour les mois de juillet-aout.

J’ai vu egalement un hiker que je suivais (grace aux registres) depuis des mois: Ewok. Mais alors que je décide d’accelerer, il choisi de ralentir. Je le dépasse donc et il est loin derrière maintenant. Mais il semble être en bonne compagnie. Il voyageait avec Sissi, et j’ai rapidement compris qu’il s’agissait d’un couple en formation. Évidemment, le sentier est un bon moyen de faire de belle rencontres, car on a la chance de connaitre vraimment les autres.

Ewok et Sissi m’apprennent que beaucoup de SoBo ont quitte le sentier. Je m’en doutais pas mal; les derniers SoBo qui signent dans les registres dans les lean-to ont souvent passe ici des jours voire de semaines avant.

Moi mes soulliers…

Un beau jour, alors que je marchais sur le sol régulier et facile du New Jersey, je semblais vouloir obstine a chuter a la moindre racine ou roche dépassant le moindrement du sol. Après plus de 600 km de terrain plat, mes pieds sont devenus paresseux et ne font que le minimum. C’est pour ça que je tombais. Mais le soir venu j’ai quand même examine mes soulliers. Ils ‘mangeaient des camions’. Tout le devant (le ‘cap’) était pratiquement détache du reste du soulliers. Cependant, aucun magasin de plein-air très loin a l’horizon.

J’ai donc décide de réparer moi-même mes soulliers. Rendu au lean-to le soir suivant, j’ai realise que la colle ne prennait qu’a un température sufisamment haute. Or c’est a peine si ça ne gelé pas ces nuits-ci. J’ai don décide de coller quand même les soulliers. Pour les garder au chaud, je les ai mis a cote de moi, a l’intérieur de ma couette, dans un sac de plastique. Opération réussie ! Au matin j’ai des ‘nouveaux’ soulliers et après plus de 12 jours aucun signe de decollement.

Delaware Water Gap

Je suis a Delaware Water Gap, juste a la frontière de la Pennsylvanie. Je suis venu ici pour profitter d’un hostel gratuit: encore le sous-sol d’un église. Mais la douche est bonne. Une douche après 3 jours. Ça c’est du luxe !

Mais lorsque j’arrive pour me ravitailler j’ai une mauvaise surprise. Il n’y a pas d’épicerie ici. Je vais devoir faire avec le depanneur du coin… Ha… s’alimenter dans un depanneur, là ou les prix s’envolent pour des aliments de qualité très discutable. C’est la première fois que je suis autant pris au dépourvu. Mais, il y a la balance de toute la nourriure sèche de Maman-de-Spaz que je me suis posté ici. Je suis sauvé (au moins en partie) !

Une pause forcée

Je ne sais pas ce qui se passe depuis quelques jours. On dirait que mes forces m’abandonnent. Habitués aux sentiers faciles depuis plus de 600 km, mes pieds sont devenus paresseux. Ils ne se lèvent plus aussi haut a chaque pas. A cause de l’omnipresence des roches, je m’enfarge souvent. Vers la fin de la journée, l’energie n’est plus là. Une grande fatigue s’installe. Parfois de grands soupirs inexpliqués se manifestent.

Je ne comprends pas la situation. Peut-être est-ce le résultat de deux nuits trop courtes. Peut-être est-ce quelque chose qui me ratrappe. Pour me donner une chance, dodo a volonté ces jours-ci.

Encore une fois je m’etire

Bon, je suis vraimment trop bavard. Olga falloir qu’encore une fois je coupe ce billet en deux. La suite dans quelques jours…

Pensée du jour

“Aimer une personne ou un animal, c’est aimer un être mortel. C’est donc accepter la possibilité de le voir mourir un jour.”

À venir
La moitié du AT !

21/10/2010

Jour 75, Partie2

Espace sauvage ?

L’État de New York n’est pas très invitant pour le hiker. Le chant du huard est remplacé par le vrombissement des autoroutes que l’on suit une bonne partie de la journée. Le jardin d’étoiles se fait envahir par un halo orange au sodium. Une fois, la pollution lumineuse était tellement intense que j’ai eu de la misère a dormir. Mes yeux, habitués à l’obscurité s’ouvraient constamment en pensant que l’aube était arrivée. Aux traverses des rues/routes il n’est plus rare de voir des, pas un, DES sacs remplis d’ordures. Les lean-to sont petits, sales, sombres, surpeuplés et parsemés d’objets qu’il vaudrait mieux reconduire jusqu’à une poubelle. Vraiment, prix poubelle pour le AT dans New York.

Je marché toute la journée au son des feux d’artifices. Un feu nourrit. Cependant, il ne s’agit pas de feux destinés à nourrir la joie, la beauté, mais de feux de projectiles destinés à semer la destruction, la mort et le germe de la vengeance. Des assassins en formation roulent en toute impunité dans leur véhicules verts, sortants souvent de chemins improbables. Il mitraillent toute la journée. J’imagine que les gens d’ici sont habitués, mais veut-on vraiment s’habituer à la guerre?

Malgré tout ça, (je ne suis pas qu’un chialeur) il y a des belles choses dans cet état. Les chevreuils sont de plus en plus nombreux. J’ai même eu la chance de regarder les yeux dans les yeux avec une belle femelle qui n’était qu’à quelques dizaines de mètres. Ça a dure quelques minutes. De leur cote, les feuilles continuent leur ballet vers le sol qu’elles habillent de couleur feu. Plus tard, j’ai également fixe les yeux dans les yeux d’un hiboux à longues oreilles au zoo. Ces yeux… C’était troublant. Même les bernaches du Canada ne sont pas en reste. Elles se font entendre à toute heure du jour.

Un lean-to de temps en temps : d’accord.  Tout le temps ? Non

J’ai utilise les lean-to pas mal ces derniers temps. Ce n’était pas une nécessité. Mais je me rends compte qu’ils sont une commodité à double tranchant. Oui, c’est facile de juste s’installer et dormir. Mais ça m’éloigne un peu plus de la nature. Et quel plaisir est plus grand que de dormir sous les étoiles, à regarder les arbres qui se balancent dans le vent, à voir l’aube arriver? Ici, ce sont mes plus grandes satisfactions. Alors tant que je le peux je dors un peu n’importe ou, le plus proche possible des éléments.

Phase  ‘sprint’

Bon, j’en a environ 38% du sentier. Mais j’ai passe plus que cette proportion de mes vacances à marcher (en temps). Je dois donc accélérer le pas un peu. Mon plan actuel, c’est de marcher plus vite pour le prochain mois, tant que les conditions météo et du sentier sont plus faciles. Ça me permettra de prendre un peu “d’avance” pour pouvoir relaxer vers la fin, dans les montagnes du sud.

L’hiver s’en vient!

Les signes de l’hiver approchant sont de plus en plus évidents. La nuit, il fait systématiquement froid. Dans les 5 degrés. Même tout habilé (3 epaisseurs de chandails dont un en duvet) et avec ma couette c’est dans le frais. J’ai demandé a Noni de m’envoyer mon sac de couchage. Il devrait être la dans 3 semaines. Je devrai survivre jusque la… :)

Je suis a Vernon (New Jersey). Je suis dans le sous-sol d’une église. C’est un hostel “self-service” et je suis tout seul. La grosse vie… propre. Car je suis venu ici exprès pour prendre ma douche. Je ne me supportait tout simplement plus. Je m’écœurais!

J’ai terminé deux états depuis la dernière fois (le Connecticut et New York). Ça va vite les états quand ils sont petits. D’ailleurs, au prochain arrêt je serai déjà en Pennsylvanie. Mais dans ce dernier je devrais rester un peu plus longtemps.