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St. John’s

25 juillet – Whitbourne à St. John’s = 92 km
26 juillet – St. John’s à Cape Spear à Goulds = 39 km
27 juillet – Goulds à Whitbourne = 92 km
(Total jusqu’à présent = 3092 km)

La capitale de Terre-Neuve m’a complètement prise de cours. Non seulement j’y suis arrivée quelques jours plus tôt que je pensais mais je n’aurais jamais pensé que la ville était aussi jolie. À l’image du reste de la province, St. John’s est toute en pentes (et abruptes à part de ça!).

Mais reprenons là où j’ai laissé la dernière fois. Bonavista. À Bonavista, donc, j’ai revu un couple de cyclistes écossais que j’avais déjà croisé à Deer Lake. Ces derniers sont vraiment, vraiment hardcore. Ils ont campé, beau temps, mauvais temps et font les routes les plus difficiles de l’île. Quand je les ai vus, vers 15h, ils se dirigeaient vers un terrain de camping en plein milieu de la péninsule. Ils allaient se taper 50 km dans les côtes avec le vent en pleine figure. J’étais bien contente d’avoir terminé ma journée… Puis la pluie est arrivée et a progressé durant la nuit pour se transformer en véritable torrent d’eau au matin. En regardant par la fenêtre de l’auberge de jeunesse, je me suis dit que les Écossais avaient non seulement roulé mouillés en soirée, avaient non seulement campé dans la flotte, mais étaient aussi probablement en train de se préparer à continuer à ce même moment. Alors je suis partie, moi aussi, dans le milieu de cette tempête d’eau, avec le seul réconfort que je n’étais pas toute seule dans la misère. Bizarrement, étant donné que mon esprit était préparé à passer une journée de 120 km dans la pluie, le tout s’est plutôt bien déroulé. Mon imper-respirant Chlorophylle a encore une fois bien fait son boulot, malgré tous les abus qu’il a déjà endurés. Je me suis rendue jusqu’à la Trans-Canadienne, à Clarenville, où, trempée et transie de froid, j’ai déclaré forfait. Les choix pour dormir (et se réchauffer) étant très limités, je me suis résignée à prendre une chambre dans un hôtel cher. Avant d’y entrer, j’ai regardé partout autour de moi; les Écossais n’étaient pas dans le coin, le chemin était libre. J’étais certaine qu’ils camperaient, eux.

Après deux jours sur l’autoroute et quelques routes scéniques de plus en plus occupées, je suis arrivée à St. John’s. J’ai approché la ville par Pitts Memorial Drive à partir de Conception Bay, suivant les conseils de plusieurs personnes interrogées. J’ai immédiatement constaté que la ville de St. John’s n’a pas été conçue pour y rouler à vélo. Les rues sont étroites et les automobilistes ne semblent pas habitués à les partager. Toutefois, St. John’s travaille sur un plan pour rendre ses rues plus cyclables et les travaux devraient débuter sous peu.

St. John’s est l’une des plus vieilles villes d’Amérique du Nord et fut colonisée par les Anglais. Aussi tôt que les années 1540, des bateaux anglais, français, espagnols et português traversaient l’Atlantique régulièrement pour pêcher dans les eaux de la péninsule d’Avalon (où St. John’s est située). Sur les rues Water et Duckworth, les bâtiments historiques et modernes s’entrechoquent dans un mélange de couleurs abracadabrantes. J’ai immédiatement pensé à San Francisco en admirant ces jolies maisons bleues, vertes, rouges, jaunes perchées sur une rue incroyablement escarpée. Mais je dois l’avouer, je ne suis pas très douée pour visiter des villes. Je perds l’intérêt assez rapidement et, avec le Tank, j’avais du mal à me faufiler dans ces rues remplies de touristes. J’ai été chanceuse de trouver un lit à l’auberge de jeunesse. Paraît-il qu’il n’est pas si facile de dénicher un endroit pour dormir à St. John’s quand on n’a pas une réservation depuis plusieurs mois.

Cape Spear

Un après-midi et une matinée pour profiter de St. John’s étaient assez pour moi. J’avais hâte de partir et m’éloigner du trafic. Cape Spear, le point le plus oriental d’Amérique du Nord, était ma nouvelle destination. La météo annonçait de la pluie en matinée et du soleil en après-midi. J’ai donc cédulé mon départ pour midi. Et ce fut le contraire qui se produisit. Les percées de soleil du matin se détériorèrent en après-midi. Ainsi, j’ai grimpé les pentes ridiculement abruptes pour aller à Cape Spear dans la pluie. Les rafales de vent ont rendu la balade infernale. Est-ce que c’est beau, Cape Spear? Je n’en sais rien. La visibilité était complètement nulle… Mais je devais y aller et c’est chose faite! Le phare de Cape Spear est le plus vieux phare existant de Terre-Neuve. Construit en 1836, il a été restauré et est maintenant un site historique national.

Une petite note sur St. John’s qui en dit long

Je viens de lire sur Wikipedia que St. John’s est la championne canadienne de la météo! C’est la ville qui est la moins ensoleillée, qui reçoit les plus grosses quantités de neige, qui compte le plus de jours de pluie et qui se fait foudroyer des plus grands vents… En bref, la capitale représente un condensé des conditions de la province! Il faut être fait fort pour être un Terre-Neuvien!

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