Suite à la lecture de mes courriels,j’ai appris que Macguyver est rendu à Damascus où la plupart des thru-hikers vont s’arrêter pour l’hiver. Il est toujours en forme et devrait être en mesure de terminer le sentier avant de retourner au travail. Il monte des décors de scène en utilisant ses habiletés de grimpeur. Aussi,un autobus de Montréal nous apportait une surprise. Le but de Julie était de venir décompresser en forêt,sur le sentier,avec nous. Elle vient tout juste de terminer une aventure de vélo et prend son temps pour revenir en ville (son blog). C’est donc Macguyver,le premier barbu à sortir du sentier,qui l’a abordé. Il allait se ravitailler alors qu’elle se rendait au sentier. Tous les deux étaient enjoués de leur rencontre! Macguyver était super content de rencontrer un(e) autre Québecoi(se) sur le sentier. Elle va marcher vers le nord et nous devrions se croiser cette semaine.
La météo annonce du temps mauvais pour toute la journée. De la pluie chaude,alors que le sol est encore très froid. Bref,nous allons être trempés à l’os en marchant sur de la glace. Mais notre moral reste toujours le même,c’est-à-dire une joie à l’épreuve de tout.
Le premier ruisseau que nous devons traverser est trop large pour ne pas se mouiller. J’emprunte un gros arbre tout glacé alors que Kevin fait un détour d’une bonne demi-heure pour traverser sain et sauf avec Morgan. Il pleut toujours,sans cesse. Ça varie entre une pluie fine et les grosses goutes. La température augmente d’une façon significative une fois dans le nuage. J’enlève ma tuque et mes mitaines. Le sol n’est plus de glace et la pluie est chaude et « confortable ».
Puis le vent se lève déchirant en lambeaux ces nuages de pluie chaude. La montagne nous offre alors une vue sporadique sur un centre de ski et la vallée avoisinante. J’ai le cœur léger et mon attention s’attarde trop à contempler ce striptees nuageux plutôt que le terrain sur lequel j’évolue. Ma cheville droite se tord laissant échapper un son inquiétant. La douleur est instantanée,me ramenant de la lune à la terre en un clin d’œil. Je tente,d’orgueil,de continuer à marcher. La douleur me quitte lorsque l’enflure est à son maximum. Ce n’est rien de grave,un message subtil m’indiquant de rester aux aguets. Quelques minutes plus tard mon pied gauche glisse. Puis ma jambe se coince entre deux roches à la hauteur de mon tibia. Mon corps tombe à tribord. Après la cheville,c’est le tibia. Par chance,ce n’est qu’une éraflure et une bosse qui ont résulté de cette glissade. Le moral est bas. Le nez est super irrité,les cuisses aussi,la cheville est sensible et la jambe joue au levier avec les roches. Dure journée! Voilà un cas urgent nécessitant un IPod,il faut remonter ça ce p’tit moral là! J’entre alors dans ma bulle et c’est à peine si je fais attention aux chevreuils qui me regardent passer,avec lassitude,à 5 pieds du sentier.
Le lendemain,nous attendait « the Priest ». La première montagne de plus de 4000 pieds depuis un sacré bout. La journée est splendide,la matinée est agréable. Le soleil resplendit,la journée est chaude. Je laisse Kevin débuter son ascension alors que je prépare la mienne avec un bon rit à l’oignon rehaussé de sardine à l’huile de soya et des croûtons assaisonnés. J’adore grimper le ventre plein et bien hydraté.
Un chasseur nous accueille au sommet. Il nous apprend que c’est le temps de la chasse à l’ours. Ils sont une quinzaine sur la montagne. Mmm,danger.
Je remonte le moral de Kevin à coup de poptart pour nous assurer une arrivée sain et sauf au shelter en soirée. Kevin lui a égratigné un œil ce matin. Depuis,il a des maux de tête et la vue embrouillée. Il est vraiment en beau maudit et aimerait voir un docteur. De plus,il n’a pas mangé aujourd’hui. Malheureusement,il est trop tard pour aller au village. Il devra attendre demain après midi. Mais il sera trop tard puisque ses douleurs et sa vision se rétabliront avant d’arriver en ville.
L’après midi suivant,le président du club de montagne du secteur nous reconduit à Buena Vista. Le sentier était dans une terrible condition. Ils ont reçu des plaintes sur l’état du sentier et lui et sa femme s’affairaient à couper les arbres morts tombés durant la dernière tempête. Le village est situé entre deux coulées de montagne. La route pour y arriver sillonne les flancs escarpés et la vue est à couper le souffle.
Je retourne sur le pouce au sentier après avoir dit au revoir à Kevin et Morgan. Au premier shelter j’y retrouve la signature d’Headstrong ainsi que la dernière édition du magasine PlayBoy. En effet,son père prend bien soin de lui faire parvenir l’édition du mois. C’est ce qu’il m’avait dit alors que nous faisions la vaisselle au café des « Twelve tribes ».
Il ne me reste que 70 miles à faire en 6 jours avant d’arriver à Troutville,où j’irai prendre un avion pour revenir en ville pour les fêtes. Oui! Je vais passer noël au Québec! Les prochains jours seront dédiés à de petites journées d’adoration de la nature. Je me lèverai tard et me coucherai tôt. Voilà mon plan.
Je suis donc super zen le lendemain. J’ai profité d’une grasse matinée et la journée est splendide. Des randonneurs de passage m’indiquent quelques endroits où je pourrai piquer ma tarp. Je marche toute la journée au même rythme,il n’y a pas de vent,pas de bruit et il n’y a pas de presse. Le coucher de soleil est fantastique derrière les arbres,devenus nudistes par obligation. Mon festin habituel me réchauffe bien alors que les coyotes crient au meurtre. Je leur fais écho. C’est un cri qui commence aigu et se termine plus grave avec des jappements. De cette façon ils savent que je suis dans le secteur. Un chevreuil me rend visite durant la nuit,toujours frustré. On dirait vraiment que les chevreuils sont des êtres extrêmement sensibles. Aussitôt qu’on est sur leur territoire,de nuit,ils te piquent une crise.
Vers 10h du matin,un chasseur me surprend pliant mon campement. En fait,c’est lui qui est surpris. Le temps de la chasse au chevreuil est étendue pour ceux qui utilisent des fusils « primitifs ». Il est super étonné et enjoué de rencontrer quelqu’un dans le bois à ce temps-ci de l’année. C’est avec enthousiasme et fierté qu’il me montre toutes ses prises au fil des ans sur sa caméra digitale. Puis il appelle son partenaire qui est en bas de la montagne pour lui annoncer qu’il y a un randonneur sur la montagne. Quelle bonne idée pour ma sécurité! Avant de se quitter,il me dit qu’il va y avoir des précipitions de neige ce soir.
La température a chuté d’un cran après le lunch. Suite à quoi une neige fine commence à tomber. J’étais enjoué! Il neige,tout l’après midi jusqu’au soir. Peu à peu le paysage change au blanc et tout devient recouvert au soir. Splendide! J’arrive à ma destination. L’abri à été construit en 1992 et à deux étages. Les joints sont tous fait en bois. Tout s’emboite comme des LEGO. Les logs lui font l’éloge d’être l’un des plus beau shelter sur le sentier. Il y a même des fenêtres! Je m’y installe,l’esprit tranquille,en sécurité. Un flocon me réveille vers minuit. Il s’est posé sur mon visage. L’intérieur du shelter est recouvert d’une fine couche blanche. Mon sleeping bag a changé de couleur. Merde,je me dis. Je me réveille tout doucement,pieds nus,à secouer le tout,à passer le balais et attacher ma toile. La tempête fait rage dehors. Déjà,plus d’un pied de neige s’est accumulé sur les marches et le perron.
La journée suivante à été l’une des plus exigeantes du périple. J’ai marché 7 miles en 8 heures. Ce sont deux pieds de neige qui sont tombés sur la montagne durant la nuit. La neige atteignait presque mes genoux en temps normal et mes hanches lorsqu’il y avait des accumulations. Mes plans viennent de changer drastiquement. Je devrais alors sortir du sentier 20 miles plus tôt,faute de temps et d’approvisionnement. Wow! Tout un changement d’itinéraire.
C’est le branlebas de combat à Daleville. Les camions de déneigement ont des chaines attachées aux pneus. Les embouteillages sont terribles. Les citoyens sont clairement bouleversés par la tempête. Certains sont joyeux! Ça fait plus de 35 ans qu’ils n’ont pas vu autant de neige. Les vieux se retrouvent enfin dans leur enfance!
Suite à la lecture de mes courriels,j’ai appris que Julie a du rebrousser chemin et retourner à Montréal. Ses genoux ont flanché. Le transport en bus,le contraste vélo/marche,je ne sais pas. J’ai aussi appris que Thirst a contracté l’infection de la Giardia. Il me suivait à une journée de marche. J’étais très surpris de ne pas l’avoir vu passer. Il était cloué à la maison. Macguyver est en feu et le blog des marcheurs a commenté mon blog ici.
Et voilà que je me retrouve à l’aéroport de Roanoke,attendant mon vol pour le Québec.
C’est en mangeant des biscuits de Noel assis dans le Lazy-Boy du salon tout en écoutant « de père en flic » que je termine ce signet. Mes amis! J O Y E UX N O E L !! Meilleurs vœux d’amour,santé et bonheur pour la prochaine année!
Je retournerai sur le sentier au début janvier.
À venir:Tout sur la caverne Luray.
À bientôt!
Simon.
- mon nouveau setup. plus confortable.




















Merry Christmas Spaz. A few weeks ago my friends &I hiked for the week end in PA,a cold weekend,ice &snow on the ground. We were thinking of you. Hoping you are well! Good to read your blog! Sounds like a wonderful journey! Are Let-It-Be and GG still on the trail? Trail Leaf back ?
Be safe,stay warm.
Steve
Thanks Steve!
GG and LetItBe will get back on the trail on mid-January.
Unfortunatly,I don’t have any news of TrailLeaf.
Happy new YEAR!!
Bravo Simon,
Voila des vacances bien méritées. Bon repos! Il semble que tu auras besoin d’énergies pour faire cette partie enneigée du trail. Heureux que tes petits accidents n’ont pas eu trop de conséquences. Bonnes fêtes!
Bertrand
Salut Simon,
Profites de ton repos en ville pour faire le plein de toutière!
Sylvain