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Maladie de Lyme et retour

p1020290Je suis à Cap-aux-Os,en Gaspésie,le point de départ de ma randonnée. C’est important pour moi d’y revenir et de boucler la boucle après 13 mois d’aventures en forêt. Cela représente pour moi le véritable retour au Québec et à la maison. C’est aussi faire la paix avec le voyage. Aujourd’hui ça fait trois semaines que je suis sorti de la forêt. Je suis faible et on dirait que ça empire par bout. J’ai des moments de délire drôle où je ne fais que dire des niaiseries. En général,ces moments coïncident avec une poussée de fièvre qui me fait tourner la tête. Ça fait un peu moins de deux mois maintenant que la santé n’y est pas.

Alors ma première journée de repos à Cocoa Beach a débutée sous le sigle de la maladie de Lyme. Une plaie ayant la forme d’une « cible » s’était formée sur ma cuisse suite aux morsures des milliers tiques. J’ai alors fait une petite recherche rapide pour en savoir plus à propos de cette maladie dont j’étais apparemment porteur. Il semblerait que cette plaie peut subvenir de 3 jours à 3 semaines après la dite morsure. Le médecin de l’hôpital de Cap Canaveral a reconnu tous les symptômes. Me voilà alors sous antibiotique pour 10 jours. Voici la liste des symptômes de la maladie. source:http://www.cchst.ca/oshanswers/diseases/lyme.html

  • fatigue
  • frissons
  • fièvre
  • maux de tête
  • douleur musculaire et articulaire
  • enflure des ganglions lymphatiques
  •  

J’ai quand même profité au maximum à la plage. Variant mes activités du mieux possible entre faire la toast,du surf et du kitesurfing. Je dosais l’intensité des activités en fonction de mon énergie. Celle-ci variait à tout moment. De retour au Québec (Gaspésie),j’ai rejoins Isabelle et nous nous sommes rendu à Matapédia où la gang du Casimir et de Nature Aventure nous ont accueillie de nouveau. Aussi François,un cyclotouriste,s’est joint à notre délire improvisé pour deux jours. Nous avons alors dérivé sur la Restigouche en canot et joué à des jeux stupidement amusant sans arrêt. Disons que nos abdominaux ont bien travaillés de rire ! Aussi,la fièvre aide beaucoup à générer le délire. C’est impressionnant combien de niaiseries absurdes elle peut engendrer. Ce n’est pas si mal dit comme ça,mais quand tout le corps combat quelque chose avec intensité,ya pu d’énergie pour rien. Ce sont des vagues de délire qui viennent et vont environ aux 12 heures environ. J’avais rencontré Isabelle à pareille date l’an dernier alors qu’elle et Suzie marchaient une section du SIA en sens inverse. C’est encore un « hasard » que l’on s’y recroise de nouveau.

J’en ai aussi profité pour rencontrer mon « docteur du pied » à Campbellton,là où j’ai fait faire mes semelles orthopédique l’an dernier. Jacques était content de voir que ses semelles ont survécues les presque 6000km de marche en montagne. Nous avons fait d’autre empreinte électronique de mes pieds pour constater qu’ils sont maintenant plus forts et symétriques. Maintenant,c’est le gauche qui est plus fort que le droit. Celui-ci (le gauche) me donnait du fil à retorde avec des faciites plantaires à pu finir l’an dernier. Voici les fiches de comparaisons de mes pieds avant et après la marche avec ces orthèses.

pieds

Aussi,Footech propose maintenant un rabais de 50$ (total 300$) aux bloggeurs et lecteurs d’unelonguemarche sur l’achat d’une paire d’orthèse plantaire. Demandez Jacques et parlez-lui d’unelonguemarche.ca !

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Mes symptômes sont disparus lentement au fil du temps. La fièvre est tombée,mes muscles sont de nouveau souples et je n’ai plus de migraine. Par contre c’est le retour à la ville qui me laisse sous le choc. Je ne retrouve pas ici mes forêt brumeuse,les montagnes venteuses ni les ruisseaux zigzagueurs. Je ne retrouve pas non plus la sérénité d’une vie en forêt ni la simplicité des gens qui y habitent. Je me sens en « visite » dans ce décors dépaysant construit sur du béton.

Simon

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Jour 377,refuge de St. Mark,Floride,5950 km –Suite et fin

p1020242Je suis très positif et satisfait de mes vacances de plus d’un an à vivre dans les montages! Je suis heureux! Mon rêve de p’tit gars s’est réalisé! Mon prochain objectif connexe,qui sera à temps partiel,est de rassembler mes écrits et mes réflexions. Puis de rassembler les plus belles photos et vidéo pris sur le sentier. Seriez-vous intéressés par une présentation ? Qui sait,peut-être avant la fin de l’année…

Les prochaines semaines,je les passerai à refaire le plein d’énergie. Cela fait déjà plus de trois semaines que mon corps me donne des signes de fatigue. Les irritations cutanées pas possibles,les étourdissements soudains et le sentiment d’être fiévreux presque continuellement. Je dois être épuisé. Je débute par une visite-éclair chez mon ami Trail Leaf,puis ce sera le surf à Cocoa Beach. S’ensuivra un mois au Québec où je vais me promener d’un bord à l’autre de la province et voir mon monde. Après quoi,ce sera la Virginie pour reprendre le travail. Bien sûr,je vais reprendre le développement du site web pour supporter mes co-marcheurs et y mettre plus de contenu.

Merci à vous tous qui m’avez encouragé ouvertement ou silencieusement,financièrement ou par paquets de petits bonheurs. J’ai tenté de répondre à tous vos courriels,à toutes vos questions. Chacun de vos témoignages m’a donné de l’énergie lorsque j’en avais besoin. Merci encore et n’hésitez pas à m’écrire par courriel ou par commentaire. C’est toujours bon de vous savoir présents!

À bientôt.

Je ne serai pas très loin. Le blog restera ouvert puisqu’il sera utile pour partager les événements à venir.

Simon

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Jour 377,refuge de St. Mark,Floride,5950 km –La suite

p1020114La journée du lendemain fût splendide! GW et sa copine Hollie sont venus me prendre au campement et nous avons passé une excellente journée à la rivière,puis au gigantesque BBQ et finalement j’ai eu droit à un petit tour guidé du coin. J’ai passé le plus clair de cette journée avec Kelsey,la fille de GW. Disons que mon moral à été surboosté. Nager,bien manger et visiter le coin en bonne compagnie,quel bonheur! J’ai aussi acheté un brin de sécurité,un cellulaire. Oui,j’arrive presque à la hauteur de la technologie d’aujourd’hui avec un cellulaire cheap du Walmart.

Ainsi,le lendemain,c’est avec un resplendissant sourire que j’ai commencé à marcher dans les marais. Je m’enfonce jusqu’aux genoux et ça me fait rire,héhéhé! Tranquillement et tristement mon moral devient tout noir. Plus la journée avance,plus je suis faible et étourdi,encore. J’évite de justesse les serpents du coin et me fait mordre par un paquet de tiques. Les tiques peuvent être porteuses de la maladie de Lyme. Celle maladie vous transforme en légume avec le temps. C’est plutôt rare qu’une tique est porteuse,mais ça fait peur quand même. J’arrête à la brunante devant un petit étang rouge-brun. Je ne vois pas bien les bords de l’étang,il fait sombre. Un alligator pourrait bien me prendre pour un chevreuil,alors je reste sur place durant la nuit et le traverse au matin.

Un paysage pas très différent m’attend dans la forêt du refuge national de St. Mark,le lendemain. Des pins blancs au tronc noirci et des mini-palmiers alignés à perte de vue. Ici,le sentier passe tout près du golfe du Mexique et c’est probablement la meilleure vue que j’aurai pour un temps. Les palmiers y sont matures et les herbes très longues. Qui dit herbes longues dit aussi tiques. Pas tics,TIQUES!!!! Je retire environ sept tiques de mes jambes aux quinze minutes. Je passe un temps interminable à m’examiner pour déceler les plus petites. Par trois fois,des milliers de mini-tiques sont montées sur mes jambes et mes bras. Ce qui signifie donc que par trois fois,je suis passé à travers leurs nids. Les adultes sont faciles à enlever mais les mini sont tellement mini que j’en oublie des dizaines. Puis le sentier est disparu.

Ma boussole semble s’être inversée et je retourne sur mes pas sans faire exprès. Alors là,je me suis dit que j’allais suivre la route pour rejoindre la prochaine croisée des chemins,trouver une place pour me laver et rester loin des tiques pour un temps.

Je marche jusqu’au dépanneur et profite de la salle de bain et du miroir pour faire le check anti-tique. J’ai été ÉPOUVANTÉ! Des centaines de tiques,la tête bien enfoncée sur chacune de mes chevilles. Elles sont tellement petites qu’elles ont réussi à passer au travers de mes bas! Là je me suis dit que ça n’avait  pas de bon sens. Je marchais au beau milieu d’un site de reproduction de tiques et de serpents venimeux,passant d’un trou de bouette à l’autre,sans paysage,sans vue,sans compagnie,avec une santé qui est so-so (étourdissement et fatigue depuis près de trois semaines). C’en est assez,je quitte le sentier et je vais à la plage. Ce n’est pas intéressant ici. Je dois refaire le plein d’énergie.

Aussi,le roadwalk ne m’intéresse plus (la Floride c’est +50% de marche sur la route). Mon rêve était de marcher en montagne et en forêt. Jusqu’ici,ça été une belle randonnée,mais tristement je suis arrivé à la décision d’arrêter de marcher sur le ECT.  Fini la route,fini la bouette et les serpents venimeux/tiques/crocos,à moi de nouveaux défis!

C’est à suivre.

Simon (Spaz)

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Jour 377,refuge de St. Mark,Floride,5950 km

p1020088Bon,quelques kilomètres à pied sur la route,puis ce sera la forêt,enfin. J’y arrive quelques heures après mon départ du village. Je suis un peu déçu du panorama,ce n’est pas une forêt,c’est une plantation. Le parc national de Apalachicola est en fait un chantier d’exploitation forestière. Ce sont des pins blancs du sud plantés en rangées. Les feux de forêt « contrôlés » ont noirci leur tronc et l’on peut voir une sorte de mini-palmier au sol. Le sentier de sable blanc zigzague sans arrêt. On dirait que le créateur du sentier était saoûl mort. Il devait conduire un mini-jeep avec une tondeuse accrochée en arrière et marquait les arbres de lignes orange au passage. Non seulement je croise la même route forestière 14 fois au cours des cinq mêmes kilomètres,mais le sentier bifurque à tout moment pour passer au travers des marais du coin. Il n’y a pas de montagne ici,alors j’imagine que la grosse attraction,c’est la bouette.

J’ai croisé un serpent près d’une petite mare d’eau. Il se tenait en boule avec sa bouche toute grande ouverte. Comme son poison est mortel,je n’ai fait que passer mon chemin sans faire de politesses. En fait,j’ai failli marcher sur plusieurs serpents au cours de la semaine. Toute les fois,j’étais à un centimètre de mettre le pied dessus,puis je faisais un pas en arrière tout en faisant un arrêt cardiaque. Les serpents sont de plus en plus petits,signe qu’ils viennent de naître et donc qu’il va y en avoir de plus en plus. Yé (!)

Tous les cours d’eau sont rouge-brun ici. J’évite instinctivement de boire cette eau. Le soir venu,déshydraté,j’arrête à la rivière pour faire le plein,mais l’eau est noirâtre et est un alligator mort y flotte. Je continue donc mon chemin pour un autre 5 km. C’est un petit cours d’eau rouge-brun qui m’attend une heure plus tard. Quelle joie,yé de l’eau brune. Le goût est un peu amer mais rehaussé de Gatorade,ça passe bien. Selon mon guide de la Floride,ce sont les aiguilles des pins qui colorent l’eau de cette manière et il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Le lendemain je suis dans un terrible état moral. Le sentier fait tellement de zigzags stupides dans une forêt stupide que ça me met en colère. Le soir,j’arrive au campement  et il y a une fontaine à laquelle je boirai environ six litres durant la soirée. J’établis mon itinéraire avec précision pour me remonter le moral. Il me reste environ 1600 km avant d’arriver à Key West et suivant ma vitesse actuelle,c’est environ 45 jours de marche. Aussi,Wayne est passé plus tard pour me faire la conversation. Il essayait son moteur de Harley alors que je soupais. J’ai aussi profité de son cellulaire pour contacter le beau frère de Trail Leaf,GW. Celui-ci habite le coin et m’offrait une journée à l’eau,flottant et dérivant sur la rivière en compagnie de sa famille et ses amis. Avant de dormir,j’ai lu,dans mon petit guide,qu’il était nécessaire de filtrer l’eau de cette fontaine. Oups,vais-je avoir la giardia?

…à suivre

Simon (Spaz)

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Jour 371,Blountstown,Floride,5822 km

J’ai installé mon parasol sur mon sac à dos. Celui-ci me fait de l’ombre alors que je marche sur le côté de la route. Je suis confortable à l’ombre malgré le soleil qui tape. J’ai profité de mon passage à Crestview et Pensacola pour échanger mon manteau de pluie et mon pantalon contre un poncho à 5 $. J’ai aussi acheté un parapluie ultraléger pour me faire de l’ombre et je l’utilise aussi pour la pluie. Disons que ça respire plus que le poncho.

Ma première journée de marche sur la base militaire d’Eglin est fantastique. La forêt est belle,la vie sauvage foisonne et s’agite à mon passage. Un alligator s’est enfui au bruit de mes pas,alors que les coyotes ont hurlé deux fois à la lune. Sans compter les serpents que j’évite de justesse. Mes yeux doivent continuellement sonder le sentier de haut en bas pour éviter d’avoir des araignées au visage ou de marcher sur un serpent. C’est très exigeant! Impossible de marcher en contemplant la nature sinon je me fais prendre dans la toile d’une araignée. Heureusement qu’elles ne sont pas dangereuses.

Je suis plutôt engourdi chaque matin. On dirait que c’est difficile pour moi de me lever tôt. Aucune idée pourquoi. C’est donc une famille de pêcheurs avec un papa agressif qui m’a sorti du lit le matin suivant. Le monsieur crie après sa famille. Pas question de trainer autour d’eux,je m’éclipse. Le mélange chaleur et ambition ne font pas bon ménage et je me déshydrate durant la journée. En évitant de trop flâner,j’oublie de quérir de l’eau.

La matinée du lendemain est encore pire,je débute ma marche juste avant midi tellement j’ai glandé à dormir. Il fait terriblement chaud,tu parles d’une idée! Durant la journée,un oiseau m’a attaqué,j’ai manqué marcher sur un serpent venimeux et une tortue s’est cachée sous le pont alors que je faisais le plein d’eau. La journée s’est terminée peu après la noirceur alors que j’avais atteint l’objectif de la journée,soit environ 40 km. C’est alors que vient l’idée de me lever plus tôt et d’aller plus loin en une journée.

Le lendemain matin,je suis debout à 7 h,ma journée s’annonce productive. Vers 11 h,je fais la rencontre d’un thru-hiker qui va vers le nord. Dave est parti au début du sentier de la Floride il y a sept semaines. Il terminera bientôt sa randonnée qui l’aura fait marcher plus de 2253 km! (1400 milles – le sentier de la Floride). Ma randonnée d’aujourd’hui se passe sur la route principalement. C’est très peu productif contrairement à mes attentes. L’accotement est en angle et il m’est difficile d’y avoir un bon pas. Alors j’alterne la ligne blanche et l’herbe pour éviter les voitures. Le bon point c’est que les automobilistes semblent mieux me voir si je marche sur la ligne. Je dirais que 35% des gens vont dans l’autre voie;55% m’ignorent complètement;environ 10% veulent m’écraser en roulant directement sur l’accotement puis reprennent le plus de place possible sur leur voie. Les gens de la Floride semblent plus soupçonneux que ceux de l’Alabama. La grande majorité ne me saluent pas et évitent tout contact visuel alors que d’autres sont quasi-agressifs. Environ 30% d’entre eux m’envoient la main en souriant. Tous les terrains sont clôturés avec du barbelé alors pour dormir le soir,je dois m’infiltrer incognito sur une plantation. Un grand changement par rapport à l’Alabama! Ce soir je suis un peu nerveux car je crois avoir été vu par le propriétaire. Mon corps se plaint un tantinet. Il n’est pas habitué à faire plus que 40 km par jour et aujourd’hui, j’ai parcouru 53 km.

Tout est bien normal au matin,aucun signe du proprio. La tempête tropicale Alex vient d’arriver et il pleut sans cesse depuis la veille. Je démarre vers midi lors d’une accalmie. Dave m’avait dit qu’en juillet,c’est la saison des pluies en Floride,je devrai donc m’y faire. Je traine aussi un sentiment d’insécurité puisqu’il n’est pas rare de voir des ouragans vers la fin juillet en Floride. J’espère pouvoir maintenir le rythme et éviter de me faire prendre.

La pluie n’a pas cessé de la journée. Tellement,que tout mon matériel est trempé dans mon sac à dos. Tellement,que le sac de couchage est plein d’eau. Heureusement,il est fait d’un matériel synthétique qui me garde au chaud même dans ces conditions.

J’arrive en ville après la fermeture du bureau de poste,toujours sous la pluie. Puis,le sentier devient de type « hébertisme ». C’est plutôt intéressant,quelques stations d’exercice sont postées sur les côtés,ce qui permet de faire du plein-air tout en restant « fit ».

Le motel de la localité affiche complet. C’est bientôt le 4 juillet,Fête Nationale,fallait s’y attendre. Je dois donc aller jusqu’à l’autre motel à l’extérieur de la ville. Quelle perte de temps.

Cette semaine,je vais marcher au travers la forêt nationale Apalachicola. Selon Dave,je devrai passer au travers quelques marais où la bouette me fera « caller » jusqu’aux cuisses. Espérons que je n’y resterai pas pris !

Prochains arrêts :

Perry 32348:274 km

White Springs 32096 :+160 km

Silver Springs 34488:+240 km

À bientôt!

Simon

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